Atlantic Bastion : le projet secret britannique qui pourrait bien changer la guerre en mer

Le programme « Atlantic Bastion » pourrait transformer la défense britannique face à une menace sous-marine russe en forte augmentation.

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Atlantic Bastion : le projet secret britannique qui pourrait bien changer la guerre en mer | Armees.com

Ce dimanche, le ministre de la Défense britannique, John Healey, a annoncé le lancement d’un programme militaire ambitieux baptisé « Atlantic Bastion ». Conçu dans un climat de tensions croissantes avec Moscou, ce programme a pour objectif de traquer les sous-marins russes et de protéger les câbles et pipelines sous-marins, renforçant ainsi la sécurité maritime. Le dispositif est présenté comme une force hybride mêlant technologie de pointe et tradition militaire, un projet qui pourrait marquer une étape déterminante pour la défense britannique.

Une force hybride qui mêle high-tech et matériel classique

Le concept d' »Atlantic Bastion » repose sur une combinaison innovante de technologies avancées et d’équipements militaires. Cette force hybride intègre des navires de guerre, des sous-marins autonomes, des avions de patrouille militaire ainsi que des algorithmes d’intelligence artificielle. Le gouvernement britannique met en avant l’utilisation de solutions robotiques autonomes comme le SG-1 Fathom, un planeur sous-marin conçu par la société allemande Helsing. Actuellement testé par la Royal Navy, ce dispositif peut patrouiller de façon autonome pendant plusieurs mois grâce à des décennies de données acoustiques, ce qui soulève des défis logistiques.

Le programme prévoit aussi le déploiement d’avions de surveillance comme le P-8 Poséidon, et des frégates anti-sous-marines de type 26. Avec des projets tels que le drone sous-marin Excalibur et l’hélicoptère sans pilote Proteus, « Atlantic Bastion » se veut un modèle futuriste pour la Royal Navy. « Il s’agit de garder une longueur d’avance sur les Russes », a commenté John Healey depuis le port de Portsmouth au Parisien.

Renforcer la présence dans l’Atlantique Nord

« Atlantic Bastion » illustre les efforts britanniques pour consolider leur présence militaire en Atlantique Nord et garantir la sécurité des infrastructures critiques dans cette zone stratégique. L’objectif opérationnel est de créer un réseau sophistiqué de capteurs, combinant des opérations multidomaines et exploitant des plateformes habitées et non habitées. Le général Gwen Jenkins, commandant de la Royal Navy, a évoqué la mise en place de ce « réseau sous-marin révolutionnaire » couvrant de la dorsale médio-atlantique à la mer de Norvège.

Le projet bénéficie d’un investissements stratégiques initial de 16,38 millions d’euros pour l’année 2025. Malgré ce financement, des voix, comme celle du comité parlementaire de la stratégie nationale, ont exprimé des inquiétudes sur la capacité de la Royal Navy à protéger correctement ses infrastructures sous-marines.

Des partenariats et des défis à venir

Ce programme n’est pas uniquement britannique : la Norvège a aussi investi dans l’acquisition de frégates Type 26, marquant une coopération stratégique en matière de défense. 11,5 milliards d’euros ont été engagés pour ce partenariat. Le Royaume-Uni espère ainsi compenser la réduction du nombre de « navires de premier rang », passé de 31 à 13 au cours des vingt dernières années.

Les ambitions technologiques de « Atlantic Bastion » suscitent toutefois du scepticisme à l’international. L’amiral Nicolas Vaujour, chef d’état-major de la Marine nationale française, a exprimé des doutes quant aux capacités techniques avancées revendiquées par des entreprises comme Helsing. Les promoteurs du programme insistent pour leur part sur la nécessité d’adapter les capacités militaires à une menace sous-marine russe en augmentation de 30 % en deux ans.

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