Biscarrosse : l’hélicoptère Caracal tire sur des drones pour la première fois, et les résultats sont concluants

La France innove dans la lutte anti-drones avec des tirs réussis depuis un H225M Caracal.

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Biscarrosse : l'hélicoptère Caracal tire sur des drones pour la première fois, et les résultats sont concluants
Biscarrosse : l’hélicoptère Caracal tire sur des drones pour la première fois, et les résultats sont concluants © Armees.com

Ces derniers mois, la France a franchi une nouvelle étape dans la lutte anti-drones (LAD) avec des essais originaux menés depuis un hélicoptère H225M Caracal de l’Armée de l’Air et de l’Espace (AAE). Alors que la menace des drones progresse à l’échelle mondiale, des réponses technologiques et stratégiques sont déployées pour anticiper et contrer ces menaces dans une guerre des drones. L’idée : trouver des moyens plus économiques pour protéger le territoire national et ses intérêts.

Des tests sur le terrain et des résultats concrets

Le Caracal, en service depuis 2006, a élargi son domaine d’action lors d’une série d’essais réalisés les 1er et 2 juin sur le champ de tir de Biscarrosse, dans les Landes. Équipé de mitrailleuses MAG58 de calibre 7,62 mm et M3M de calibre 12,7 mm, l’appareil a réussi à neutraliser deux drones Shahed, montrant son efficacité dans cette nouvelle mission, rapporte le journal 20 Minutes. C’est une avancée qui permet de diversifier et d’affiner les réponses graduées face aux menaces aériennes, depuis la police du ciel jusqu’aux missions de défense plus complexes.

L’AAE, en partenariat avec la Direction générale de l’armement (DGA) et le Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM), a mené ces expérimentations pour enrichir son arsenal anti-drones. Selon le Ministère des Armées, ces essais méritent d’être soulignés : « les premiers tirs sur des cibles aériennes de type ‘drone’ depuis un hélicoptère H225M Caracal » témoignent de la capacité renforcée et de la modernisation des forces françaises en matière de défense aérienne.

Qui a participé et quelles capacités nouvelles

Plusieurs acteurs institutionnels et industriels ont contribué à ces progrès. Côté forces armées, des unités comme l’escadron d’hélicoptères 1/67 « Pyrénées » basé sur la base aérienne 120 de Cazaux ont joué un rôle central. Dans l’industrie, des groupes comme Airbus Helicopters et KNDS France, fabricant de la nacelle NC 621, ont apporté leur savoir-faire pour concrétiser ce projet.

Comparé aux capacités limitées des hélicoptères Fennec auparavant, ces essais montrent comment l’aviation militaire peut s’adapter vite à l’évolution des menaces. En mars 2024, un hélicoptère AS.565SA Panther de la Flottille 36F, engagé dans l’opération Aspides, avait déjà démontré cette aptitude en abattant un drone hostile au Yémen.

Vers une mise à jour de la doctrine militaire

Pour le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, l’accent est mis sur la coopération interarmées pour tirer le meilleur parti des moyens disponibles et garantir une protection efficace des intérêts nationaux. Cette coopération joue un rôle important dans la refonte des doctrines de défense, notamment à la lumière des conflits récents en Ukraine et au Moyen-Orient, qui ont montré la nécessité de réponses aériennes plus sophistiquées. L’avenir prévoit aussi que l’AAE disposera de drones anti-drones, une piste actuellement en phase d’expérimentation.

La flotte de Caracal, aujourd’hui composée de 19 appareils, doit monter à 27 hélicoptères pour soutenir cette nouvelle posture de défense. Dans cette optique, les « solutions capacitaires » associées visent à rester à la fois économiques et efficaces, une combinaison nécessaire dans un cadre de rationalisation budgétaire.

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