3 200 avions laissés à l’abandon dans le désert de l’Arizona, quelle en est leur utilité ?

Un cimetière d’avions en Arizona qui n’enterre rien : 3200 appareils y attendent une seconde vie, entre drones cibles, pièces détachées et hélicoptères russes repeints aux couleurs ukrainiennes.

Publié le
Lecture : 2 min
3 200 avions laissés à l'abandon dans le désert de l'Arizona, quelle en est leur utilité ?
3 200 avions laissés à l’abandon dans le désert de l’Arizona, quelle en est leur utilité ? © Armees.com

En 2021, lors du retrait américain d’Afghanistan, les États-Unis se retrouvent avec des hélicoptères russes Mi-17 sur les bras. Ces appareils avaient été envoyés en maintenance à l’étranger avant d’être destinés aux Talibans. Plutôt que de les abandonner sur place, les Américains les rapatrient et les confient à une base de l’Arizona.

En février 2022, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le président Joe Biden inclut ces mêmes hélicoptères dans un pack d’aide militaire de 800 millions de dollars destiné à Kiev. Repeints à moitié en bleu et jaune, ils restent opérationnels à l’est de l’Europe.

Cette reconversion express illustre le fonctionnement d’un site que ses visiteurs surnomment le cimetière : la base militaire de Davis-Monthan, dans le désert de l’Arizona, dont le nom officiel est Aerospace Maintenance and Regeneration Group (AMARG), qui s’étend sur plus de 1 052 hectares et renferme 3 200 avions répartis en 75 types différents. Les appareils y arrivent après une carrière dans les airs, rapporte le média britannique The Economist.

Un site pensé pour durer, pas pour enterrer

Contrairement à l’image d’un dépotoir où les vieux avions du Département de la Défense, de la NASA ou du Département de l’Agriculture viendraient terminer leur vie, l’AMARG fonctionne sur une logique de récupération et de recyclage. Les agences gouvernementales américaines y trouvent les appareils nécessaires à leurs besoins aéronautiques.

L’armée de l’air y puise aussi un stock d’anciens avions de chasse transformés en drones, non occupés, dont la queue est peinte en orange pour les distinguer des jets plus récents. Ces appareils servent de cibles à l’entraînement au combat aérien : les militaires les pourchassent et tirent dans leur direction. Après 300 heures de service, les drones sont finalement abattus au-dessus du golfe du Mexique.

Dans un coin du site, des bombardiers Boeing B-52 attendent, décrépis, sans aile ni queue. Leur démembrement n’a rien d’accidentel : il répond aux obligations des traités de réduction des armes stratégiques signés entre les États-Unis et la Russie entre 1991 et 1994, puis renouvelés en 2009.

La plupart des avions de l’AMARG, quand ils ne sont pas réhabilités pour être livrés à des alliés, finissent démontés pour fournir des pièces à d’autres appareils encore en service. Certains jours, les mécaniciens de la base reçoivent près de 30 demandes de pièces. Les techniciens recherchent les éléments voulus, des moteurs à la structure, les nettoient, les testent, puis les envoient à qui de droit.

Une fois toutes les pièces utiles désossées, l’avion est démilitarisé : tous les composants dangereux et les matériaux composites sont retirés. Ce qui reste passe deux fois au broyeur, jusqu’à obtenir des morceaux d’un demi-centimètre de long. L’aluminium ainsi récupéré, de bonne qualité, peut servir à fabriquer des pièces de voitures.

« Rien de ce que vous voyez ici est à jeter », résume Robert Raine, porte-parole de l’AMARG, dans un entretien accordé à The Economist. À propos de l’aluminium broyé, il précise : « Ça, c’est de l’aluminium de très bonne qualité. Ça servira au moins à construire des pièces de voitures. »

Laisser un commentaire

Share to...