Les États-Unis comptent fournir à l’Ukraine plus de 1 000 missiles de croisière utilisables depuis ses F-16

Plus de 1 000 missiles capables de frapper à 460 km même sous brouillage GPS : Washington presse les industriels pour l’Ukraine. Un contrat éclair, 15 mois pour tout livrer. Kiev frappe-t-elle déjà avec ?

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Les États-Unis comptent fournir à l'Ukraine plus de 1 000 missiles de croisière utilisables depuis ses F-16
Les États-Unis comptent fournir à l’Ukraine plus de 1 000 missiles de croisière utilisables depuis ses F-16 © Armees.com

L’armée de l’air américaine a publié un appel à informations invitant les entreprises de défense à présenter leurs capacités de production pour fabriquer plus de 1 000 missiles de croisière ERAM destinés à l’Ukraine. Selon Defense News, qui a révélé cette démarche le 3 novembre 2026, l’US Air Force veut identifier rapidement des fournisseurs capables de livrer ces munitions en grande série. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 19 novembre 2026 pour déposer leurs propositions.

Les missiles visés, l’ERAM (pour Extended Range Attack Munition), sont conçus pour être tirés depuis des avions de chasse F-16 ukrainiens contre des cibles fixes de grande valeur, situées à plus de 460 kilomètres. Le calendrier fixé par l’armée américaine ne laisse guère de marge : les premiers exemplaires devront être livrés dans les 90 jours suivant l’attribution du contrat, et la totalité de la commande, plus de 1 000 unités, devra être honorée en 15 mois.

Un missile pensé pour résister au brouillage électronique

L’ERAM appartient à la classe des 500 livres, soit environ 227 kilogrammes, et file à plus de Mach 0,6. Sa particularité tient à sa résistance à la guerre électronique : même lorsque les signaux GPS sont brouillés ou perturbés, l’arme conserve un rayon de frappe de précision inférieur à 10 mètres. Sa charge combine effets de fragmentation et de souffle, avec une capacité limitée de pénétration à l’impact sur des structures renforcées.

Le programme a démarré en 2024, lorsque l’US Air Force a confié le développement de prototypes à deux petites entreprises, CoAspire et Zone 5 Technologies. Les essais de têtes militaires ont eu lieu début janvier 2026 sur la base aérienne d’Eglin, en Floride, et se sont révélés concluants. Compatible avec les F-16, l’arme doit permettre à Kiev de frapper en profondeur le territoire russe.

Une vente de 3 350 missiles déjà approuvée en 2025

Ce nouvel appel d’offres prolonge un accord bien plus vaste. En août 2025, l’administration Trump avait annoncé la vente de 3 350 missiles ERAM à l’Ukraine, pour un montant total de 825 millions de dollars. Les documents disponibles ne précisent pas si les plus de 1 000 unités recherchées actuellement s’ajoutent à cette commande initiale ou en font partie.

Des médias ukrainiens avaient rapporté en juin 2026 que Kiev aurait pu utiliser une variante de l’ERAM, baptisée AGM-188A « Rusty Dagger », pour frapper l’usine de semi-conducteurs de Voronej, en Russie, un site qui fabrique des composants pour les systèmes de missiles de Moscou. Cette information n’a pas été confirmée de façon indépendante, et l’on ignore toujours si l’Ukraine emploie déjà ces munitions au combat.

Le financement de ces livraisons pourrait encore évoluer. D’après Bloomberg, les États-Unis envisagent de demander à leurs alliés de l’OTAN d’augmenter leur contribution aux achats d’armements pour Kiev : les plans d’aide déjà approuvés accusent un manque d’environ 2 milliards de dollars, et une proposition en ce sens pourrait être formulée dès novembre 2026.

L’ERAM est décrit par l’US Air Force comme une arme conçue pour apporter une masse abordable au combat, un objectif qui résume la logique de tout le programme : produire vite, produire en masse, et à un coût qui permette de reconstituer des stocks mis sous tension par des années de conflit.

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