La matinée du jeudi 5 novembre a pris une tournure inquiétante dans le ciel français. Un Airbus A320 de la compagnie irlandaise Aer Lingus, assurant le vol EI402 entre Dublin et Rome, a été contraint de modifier sa trajectoire après le signalement d’une menace à la bombe. L’information a été confirmée par Matignon, selon Le Parisien.
La destination retenue pour ce déroutement n’est pas un aéroport commercial ordinaire, mais la base aérienne 105 d’Évreux, dans l’Eure, une installation de l’armée de l’Air et de l’Espace.
Selon les informations publiées par le média aéronautique AIRLIVE, l’appareil, immatriculé EI-DEH, avait décollé d’Irlande vers 6 h 20 GMT. Environ 90 minutes après son départ, alors qu’il évoluait à 37 000 pieds, soit plus de 11 000 mètres d’altitude, son équipage a transmis le code 7700, signal international indiquant une situation d’urgence.
L’Airbus a initialement été dirigé vers l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Mais la trajectoire prévue a ensuite été modifiée, avec un déroutement annoncé vers Évreux.
La base aérienne 105 d’Évreux au centre de l’alerte
Le choix d’une infrastructure militaire pour accueillir un avion commercial confronté à une menace aussi grave donne une dimension particulière à l’incident.
La base aérienne 105 d’Évreux accueille notamment des unités de transport et des moyens participant aux opérations de l’armée de l’Air et de l’Espace. Elle constitue également un site important de la coopération aérienne franco-allemande.
Le ministère des Armées décrit cette installation comme un maillon de la coopération européenne en matière de défense aérienne.
L’accueil annoncé d’un appareil civil faisant l’objet d’une menace explosive appelle des précautions particulières. Il reste toutefois impossible de préciser les moyens militaires ou les équipes spécialisées effectivement engagés à Évreux, faute de communication officielle détaillée.
Selon les premières informations publiées dans la matinée, le vol avait été dérouté vers la base, mais son atterrissage n’était pas encore confirmé.
Des avions de chasse déjà mobilisés après plusieurs menaces en Europe
L’incident intervient dans un climat particulièrement tendu pour la sûreté aérienne européenne.
Le 3 novembre, plusieurs avions commerciaux ont été visés par des alertes à la bombe dans différents pays. En Italie, l’armée de l’Air a notamment escorté un appareil de Ryanair reliant Dublin à Rome.
En Hongrie, la veille, un autre vol de Wizz Air, en provenance de Londres et à destination de Sofia, avait été contraint de se poser à Budapest sous escorte militaire.
Ces événements, recensés par Reuters, ont nécessité plusieurs opérations de sécurité. Aucun explosif n’a été découvert lors des inspections rapportées.
À ce stade, aucune intervention d’avions de chasse français n’a été confirmée pour le vol EI402.
La répétition de ces menaces en quelques jours reste néanmoins préoccupante. Même lorsqu’elles se révèlent infondées, elles peuvent entraîner des déroutements, solliciter des moyens militaires et perturber le trafic aérien civil.
Aucun élément officiel ne permet actuellement d’établir un lien entre l’alerte visant Aer Lingus ce 5 novembre et les incidents précédents. La présence effective d’un engin explosif à bord n’est pas davantage confirmée.
L’attention se concentre désormais sur la sécurisation de l’appareil et de ses occupants, ainsi que sur les vérifications qui permettront de déterminer la réalité de la menace.








