X-Fire vient de réussir ses premiers tirs d’essai : pourquoi ce lanceur de missiles français inquiète déjà plusieurs pays voisins

Thales vient de réussir des essais décisifs avec le lanceur X-Fire, promettant une autonomie militaire inédite pour l’Europe.

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X-Fire vient de réussir ses premiers tirs d'essai : pourquoi ce lanceur de missiles français inquiète déjà plusieurs pays voisins
Source : Thales | Armees.com

Thales a annoncé récemment la réussite de nouveaux tirs d’essai de son lanceur de missiles X-Fire, une avancée majeure pour l’industrie de la défense européenne. Ce développement stratégique, mené avec le soutien de Soframe, vise à renforcer la souveraineté de l’Europe dans le domaine militaire. Le X-Fire, dont la portée est de 150 km, se présente à la fois comme un atout opérationnel et comme une pièce maîtresse de l’indépendance technologique. Alors que réduire la dépendance vis‑à‑vis des États‑Unis est une priorité, ce projet mérite une attention particulière.

Objectif : plus d’autonomie pour l’Europe

Le but affiché du programme est de doter l’Europe, et notamment la France, d’un lance‑roquettes longue portée polyvalent et souverain, renforçant ainsi la souveraineté militaire. Thales veut positionner le X-Fire comme une « alternative européenne crédible » au système américain M142 HIMARS. En visant directement le HIMARS, Thales, avec Soframe et ArianeGroup, propose une solution stratégique sur le long terme pour le continent.

Dans sa logique de diversification et de compétitivité, Thales s’appuie aussi sur des partenaires industriels comme ArianeGroup pour développer la munition principale FLP-T 150, dont les premiers tirs de démonstration ont eu lieu le 5 mai. Des concurrents, notamment Safran et MBDA, travaillent parallèlement sur le Thundart, un autre système de lance‑roquettes en développement, ce qui montre l’intense dynamique concurrentielle dans le secteur.

Ce que sait faire le X‑Fire

Le X-Fire ne se limite pas à sa portée : il mise aussi sur la polyvalence. Monté sur une plateforme mobile agile 8×8 et compatible avec la flotte logistique de l’Armée de terre française, il peut s’intégrer plus facilement aux moyens existants (ce qui facilite la mise en service opérationnelle). Le véhicule, dérivé du Mercedes‑Benz Zetros, embarque des technologies avancées, dont un récepteur GNSS anti‑brouillage TopStar Smart Receiver et une centrale inertielle TopAxyz, pour renforcer sa résistance aux interférences.

Les premiers essais ont utilisé des roquettes d’entraînement X‑Fum de 68 mm, montrant que le système accepte une large gamme de munitions, qu’elles soient souveraines ou étrangères, ce qui permet d’assurer la continuité des capacités pendant la transition vers une munition nationale.

Selon Julien Assoun, vice‑président véhicules et systèmes tactiques de Thales, « la polyvalence du X‑Fire permet de concilier, au bénéfice des forces, l’enjeu de disposer d’une munition balistique souveraine d’ici la fin de la décennie, avec la continuité capacitaire lorsque les actuels lance‑roquettes unitaires arriveront en fin de vie. »

Qui pourrait l’utiliser

Le potentiel stratégique du X‑Fire dépasse les frontières françaises. Une commande rapportée pour près de 1 000 véhicules Zetros par l’Ukraine d’ici 2025, selon Defense Express, pourrait faciliter l’adoption du X‑Fire par les forces ukrainiennes et renforcer la présence internationale de la solution développée par Thales.

L’État français envisage l’acquisition de 13 à 26 lanceurs d’ici 2030, accompagnés d’environ 300 roquettes, ce qui montre la confiance placée dans ce système pour préparer la défense de demain. La capacité du X‑Fire à utiliser des munitions étrangères pendant l’attente d’une solution 100 % souveraine est un atout important : elle permet de maintenir les opérations et de limiter les ruptures capacitaires.

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