Le premier vol de Sophie Adenot à destination de l’ISS n’aura pas lieu à la date prévue. SpaceX a décalé le départ du lanceur en raison d’un risque météo jugé incompatible avec les normes de sécurité imposées au couloir d’ascension. Ce contretemps prolonge l’attente de l’astronaute française, engagée dans la mission internationale Crew-11.
Un report dicté par la sécurité aéronautique
Le vol Spatial Crew-11, opéré par SpaceX, n’aura pas quitté le sol américain comme prévu. Un bulletin météorologique défavorable, touchant principalement la trajectoire initiale du lanceur, a conduit l’entreprise à repousser le décollage au jeudi 12 février, depuis Cap Canaveral. Ce type de décision demeure relativement fréquent dans l’industrie spatiale, où la priorité absolue reste la protection des équipages.
Le lanceur Falcon 9 doit s’élever dans une zone soumise à des contraintes strictes. Des vents latéraux trop forts ou des perturbations en altitude suffisent à rendre la mission non conforme. SpaceX l’a rappelé sur son compte officiel : l’intégrité du vol dépend d’une fenêtre idéale, sans incertitude météorologique sur le « couloir d’ascension ». Le nouvel horaire retenu — 5h38 heure de la côte Est — place la mission dans un créneau jugé plus stable.
Sophie Adenot rejoindra ce vol aux côtés des astronautes américains Jessica Meir et Jack Hathaway, ainsi que du cosmonaute russe Andreï Fediaïe. L’équipage, prêt depuis plusieurs semaines, poursuit ses répétitions en attendant un feu vert météo. Leur arrivée à bord de la Station spatiale internationale marquera le début d’une mission de neuf mois, centrée sur les sciences de la microgravité et la préparation des futures explorations lointaines.
Une mission symbolique pour la France et l’Europe
Ce vol reporté revêt une dimension particulière pour la France : Sophie Adenot deviendra la première femme française à retourner dans l’espace depuis le vol de Claudie Haigneré en 2001. L’Agence spatiale européenne a largement mis en avant ce passage de relais, qui illustre la progression continue de la présence féminine dans le secteur aérospatial.
La mission Crew-11 s’inscrit dans un programme scientifique ambitieux. Les membres d’équipage réaliseront une série d’expériences destinées à mieux comprendre les effets de la microgravité et à préparer les futures étapes de l’exploration humaine, notamment vers la Lune puis Mars. SpaceX, dans la communication ayant accompagné le report, a rappelé que ces recherches visent des applications directes pour les technologies terrestres, notamment dans les domaines biomédical, industriel et énergétique.
Cette nouvelle aventure spatiale représente également un enjeu stratégique pour l’Europe, engagée dans une compétition mondiale autour de l’accès à l’orbite basse. Le parcours de Sophie Adenot — ancienne pilote d’essais, diplômée du MIT et formée au sein de l’armée de l’Air et de la Défense — illustre la consolidation de la filière européenne des vols habités.








