La capsule Orion ne se posera pas sur la Lune lors de la mission Artemis III. Depuis fin février 2026, la NASA a acté que ce vol servirait à tester l’amarrage entre Orion et les atterrisseurs lunaires fournis par les entreprises privées SpaceX et Blue Origin, directement en orbite terrestre basse. Le retour des astronautes à la surface est désormais reporté à Artemis IV, prévue à l’horizon 2028.
Cette logique ajoute un vol de test au programme, sur le modèle d’Apollo 9, qui avait essayé le module lunaire autour de la Terre en mars 1969. L’idée est simple : répéter les manœuvres les plus délicates près de la Terre, là où un imprévu reste plus facile à gérer, avant de viser vraiment la Lune.
Un équipage de quatre, présenté à Houston
L’équipage a été dévoilé le 9 juin à Houston. Randy Bresnik commande la mission, avec Andre Douglas et Frank Rubio comme spécialistes de mission, tous trois Américains. Le pilote, l’Italien Luca Parmitano, représente l’Agence spatiale européenne. Frank Rubio détient un record particulier : 371 jours passés dans l’espace, la plus longue mission continue jamais réalisée par un astronaute américain.
Nicky Fox, responsable scientifique de la NASA, a qualifié le vol de « mission technique et complexe » lors de cette présentation. La mission doit durer environ deux semaines en orbite.
Le déroulé tient en trois lancements, explique Sciencepost. D’abord, le lanceur New Glenn de Blue Origin place en orbite une version « pathfinder » de l’atterrisseur Blue Moon, simplifiée et dépourvue des propulseurs nécessaires à un vrai alunissage, mais dotée d’une avionique et d’un support-vie identiques au modèle final.
Le SLS décolle ensuite avec Orion et son module de service européen, cette fois sans l’étage supérieur ICPS utilisé sur Artemis I et II, devenu inutile puisque Orion reste en orbite terrestre. Les deux vaisseaux restent amarrés environ deux jours, le temps de faire entrer des astronautes dans l’atterrisseur et de tester les systèmes vitaux.
Un Starship de SpaceX décolle en troisième, pour un second rendez-vous d’environ une journée. Ce vaisseau pathfinder, sans quartier d’équipage, ne prévoit aucun transfert d’astronautes : l’intérêt porte sur la manœuvre entre deux engins de tailles très différentes, le Starship culminant à 50 mètres contre un vaisseau Orion nettement plus petit avec son module de service.
La NASA, dans un communiqué, indique que la mission « permettra d’affiner les concepts de rendez-vous avec l’alunisseur, d’habitation et d’opérations, en préparation des futures missions de surface ».
L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, vise toujours un lancement d’ici fin 2027. Mais le calendrier a pris un coup le 28 mai, quand une fusée New Glenn a explosé lors d’un test de routine à Cape Canaveral, endommageant sérieusement le pas de tir depuis lequel Blue Origin doit décoller.
Le PDG de l’entreprise, Dave Limp, a promis une reprise des vols d’ici la fin 2026, un objectif qu’il a lui-même qualifié de « réel défi », tout en l’estimant compatible avec un lancement d’Artemis III fin 2027.








