Artemis III ne se posera pas sur la Lune : la NASA a choisi autre chose et ça a surpris tout le monde

Trois fusées, un équipage, aucun alunissage : la NASA rebat les cartes d’Artemis III. Entre exploits techniques et échecs en série de ses partenaires, la mission la plus complexe jamais tentée tient à un fil. La Chine, elle, avance.

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Artemis III ne se posera pas sur la Lune : la NASA a choisi autre chose et ça a surpris tout le monde
Artemis III ne se posera pas sur la Lune : la NASA a choisi autre chose et ça a surpris tout le monde © Armees.com

La mission Artemis III ne se posera plus sur la Lune. La NASA a détaillé ce nouveau scénario dans un communiqué du 15 juillet 2026 : plutôt qu’un alunissage, l’équipage testera des manœuvres d’amarrage en orbite terrestre basse, avec deux atterrisseurs privés commandés par l’agence. Le retour d’astronautes américains sur la Lune est reporté à 2028, la mission elle-même restant programmée pour 2027.

Selon le magazine Science et Vie, quatre astronautes prendront part à ce vol, présenté par la NASA comme le plus complexe jamais organisé par l’agence. Aucune mission n’avait réuni deux structures distinctes en orbite terrestre depuis 1986. L’objectif est de valider l’interopérabilité entre la capsule Orion et les deux atterrisseurs lunaires en cours de développement chez SpaceX et Blue Origin, avant de tenter un vrai alunissage habité.

Le scénario s’appuie sur trois lancements successifs depuis Cap Canaveral, en Floride. La fusée New Glenn de Blue Origin décollera en premier pour placer en orbite le prototype Blue Moon Mark 2, capable de patienter jusqu’à trente jours avant l’arrivée d’Orion. Le SLS s’élèvera ensuite du pas de tir 39B, celui-là même utilisé par les vols Apollo, avec l’équipage à son bord. Le Starship V3 de SpaceX rejoindra enfin le convoi, depuis une autre rampe.

Orion jouera le rôle de chasseur et manœuvrera vers l’atterrisseur de Blue Origin, dont l’architecture d’amarrage latérale lui est propre. Deux membres d’équipage entreront dans le module pour tester le système de support de vie et l’avionique, pendant qu’Orion pilotera l’ensemble et transmettra les données de télémétrie.

La capsule rejoindra ensuite le Starship V3 pour un amarrage frontal, nez à nez. Aucun astronaute n’y pénétrera, la cabine pressurisée du vaisseau de SpaceX n’étant pas achevée. Pendant environ vingt-quatre heures, les équipes testeront les communications, le transfert de commandes et la manœuvrabilité de l’ensemble.

Trois fusées, un seul lanceur opérationnel

À un an du décollage, le SLS reste le seul appareil pleinement opérationnel de cette manœuvre. La New Glenn 4 a explosé au décollage en mai 2026, détruisant le pas de tir SLC-36. Le Starship V3 n’a, lui, jamais quitté le sol lors d’un vol orbital. Malgré ces éléments, la NASA maintient l’échéance officielle de 2027.

Cap Canaveral, dont l’environnement industriel frôle la saturation, doit absorber le choc logistique de l’opération. Les partenaires se partagent les créneaux de lancement, l’approvisionnement en fluides cryogéniques et le personnel qualifié. Le moindre incident chez l’un d’eux menacerait l’ensemble du calendrier.

Steve Creech, responsable du programme des systèmes d’atterrissage humain de la NASA, a expliqué dans un communiqué que chaque fournisseur de système d’atterrissage humain avait adopté une approche différente pour la mission Artemis III. Selon lui, SpaceX et Blue Origin ont présenté une liste d’objectifs ambitieux visant à compléter les prochaines missions de démonstration non habitées sur la Lune, afin d’acquérir une meilleure compréhension et une plus grande confiance dans le vaisseau spatial et le lanceur avant un atterrissage habité.

Jeremy Parsons, responsable du programme Artemis, a résumé la donne dans le même communiqué en expliquant qu’Artemis III serait une mission extrêmement complexe.

Pékin vise un retour sur la Lune en 2030

Washington guette chaque avancée du programme lunaire chinois. Pékin vise un retour d’astronautes sur la Lune vers 2030, avec un lanceur Longue Marche 10 dont le développement progresse rapidement. En cinq ans, trois missions Chang’e ont déjà ramené des échantillons lunaires et posé des rovers sur la face cachée de la Lune. Un échec du test américain accorderait à la Chine un avantage stratégique inédit dans la course lunaire.

En cas de succès, l’alunissage d’Artemis IV resterait crédible pour 2028. Un échec obligerait la NASA à revoir sa feuille de route et à concéder une partie de son avance historique, après le survol réussi de la face cachée de la Lune par les quatre astronautes d’Artemis II. Le prochain décollage, celui qui doit valider ces amarrages inédits, est attendu en 2027.

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