Salon du Bourget 2025 : de grands absents sur le tarmac

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Salon du Bourget 2025 : de grands absents sur le tarmac
Salon du Bourget 2025 : de grands absents sur le tarmac | Armees.com

Le Salon international de l’aéronautique et de l’espace du Bourget rouvre ses portes, le 16 juin, pour une 55e édition très attendue. Pourtant, il y aura de nombreux absents. Plusieurs constructeurs majeurs ont décidé de bouder ce rendez-vous mythique. En cause, des choix stratégiques, des urgences industrielles ou, tout simplement, des contraintes réglementaires.

Salon du Bourget : Boeing choisit la prudence au détriment du spectacle

Le géant américain Boeing a préféré la discrétion à la démonstration. Après une année 2024 chaotique marquée par des incidents techniques à répétition et une avalanche de critiques sur sa gestion de la sécurité, le constructeur a tranché, aucun avion commercial ne sera présenté au Salon du Bourget cette année. Pas un seul 737, pas le moindre 787 à l’horizon. Plutôt que de jouer la carte du spectaculaire, le groupe se retranche dans une posture défensive. « Nous continuons d’apporter des changements fondamentaux à Boeing pour renforcer la sécurité, la qualité et notre culture, et nous constatons une amélioration constante de nos performances », a déclaré Kelly Ortberg, président-directeur général de Boeing, dans un communiqué publié le 9 juin 2025 et partagé par La Dépêche.

Et pour cause, les contrôles renforcés de la FAA (Federal Aviation Administration) et les retards de production accumulés ont contraint l’industriel à revoir ses priorités. Avec à peine 45 appareils livrés par mois, l’objectif est clair, éviter de nouveaux faux pas sur la chaîne d’assemblage et accélérer la certification du 737 MAX 7, du 737 MAX 10, et du très attendu 777X. Certes, une maquette du 777X sera visible. Mais le seul appareil arborant les couleurs de Boeing sur le tarmac sera un 777-300 statique, prêté non par l’industriel, mais par Qatar Airways, qui met en avant la livrée spéciale Ligue des Champions utilisée pour transporter le PSG de Munich à Paris.

Salon du Bourget : le C919 de Comac recalé avant même le décollage

Autre absent de taille, et pas des moindres : le C919 du chinois Comac. Longtemps annoncé comme la riposte asiatique à l’hégémonie Airbus-Boeing, ce monocouloir de 160 places était attendu comme la vedette montante du salon. Une rumeur insistante évoquait même une dérogation exceptionnelle qui aurait permis au biréacteur de quitter le territoire chinois. Mais le soufflé est retombé. Le C919 ne volera pas vers Paris cette année.

Ni l’avion, ni ses concepteurs ne se présenteront à la porte d’entrée de l’industrie mondiale. Pourquoi cette volte-face ? Tout simplement parce que l’Agence européenne pour la sécurité aérienne (EASA) a fait savoir qu’aucune certification ne serait délivrée avant, au mieux, plusieurs années. Difficile, dans ce contexte, de faire illusion face à des acheteurs occidentaux. Et pour Comac, venir au Bourget avec un appareil encore limité aux cieux chinois n’aurait sans doute fait qu’accentuer l’embarras.

Salon du Bourget : un rendez-vous qui se réinvente par défaut

L’édition 2025 du Salon du Bourget sera-t-elle marquée par un virage stratégique ? L’absence de ces poids lourds questionne. Faut-il y voir un désintérêt croissant des industriels pour les salons traditionnels, au profit d’une communication plus maîtrisée ?

Ou bien ces absences sont-elles simplement les symptômes d’une industrie en pleine mutation, entre crises de production, nouvelles régulations et incertitudes géopolitiques ? Ce qui est sûr, c’est que cette 55e édition ne ressemblera pas à celles d’antan. Et si le spectacle est ailleurs, dans les drones, les start-up, l’aérien vert ou les promesses de l’hydrogène, les absents, eux, n’ont pas fini de faire parler d’eux.

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