L’US Air Force vient de franchir un cap important en lançant l’EA-37B, un avion d’attaque électronique aéroporté. Ce bijou, basé sur un jet d’affaires Gulfstream G550 transformé à fond, représente une vraie avancée pour les forces armées américaines et leurs alliés. Mais qu’est-ce qui fait tout le buzz autour de cet appareil et en quoi il pourrait revoir les règles du jeu à l’échelle mondiale ?
Un nouvel outil pour la guerre électronique
Le 43e Escadron de Combat Électronique (ECS) a réalisé la toute première sortie d’entraînement de l’EA-37B le 2 mai 2025 à la base aérienne de Davis-Monthan, en Arizona. Ce vol inaugural marque un vrai tournant pour les opérations de guerre électronique des États-Unis. Conçu pour brouiller les communications ennemies, perturber les radars et désactiver les bombes routières sans fil, cet avion est un atout de taille pour appuyer les forces américaines et leurs alliés.
Depuis la première livraison, le 23 août 2024, cinq appareils ont foulé le sol et dix autres devraient arriver d’ici 2028. Ils vont rejoindre le 55e Groupe de Combat Électronique (ECG), lui aussi basé à Davis-Monthan, sous l’égide du 55e Escadre situé à Offutt, Nebraska.
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Une transition technique et une fabrication moderne
Le passage à l’EA-37B entraîne le retrait progressif des anciens modèles EC-130H – dix de ces anciens Compass Call, dérivés de C-130H modifiés, ont déjà été retirés du service. Ce virage technologique représente donc bien plus qu’une simple mise à jour : il s’agit d’une modernisation face aux nouvelles menaces.
La transformation d’un Gulfstream G550 en EA-37B se fait chez Gulfstream, à Savannah, en Géorgie. Puis, les équipements de mission, fournis par BAE Systems, sont installés par L3Harris à Waco, au Texas. L’US Air Force prévoit d’acheter dix appareils supplémentaires via ces deux entreprises, avec des livraisons finales programmées entre 2027 et 2028.
Atouts de l’appareil et petites comparaisons
L’EA-37B s’inscrit dans la stratégie américaine de Suppression des Défenses Aériennes Ennemies (SEAD). Grâce à ses capacités COMINT (renseignement des communications) et SIGINT, il offre une panoplie d’options, allant du brouillage à grande distance aux attaques de leurre.
Quand on le compare à d’autres appareils comme l’E/A-18G Growler de la Marine ou le F-16CM Block 50/52 Fighting Falcon, l’EA-37B se démarque surtout par le fait qu’il emploie plusieurs membres d’équipage dédiés uniquement aux missions de guerre électronique.
Partenariats internationaux et défis à venir
Le rôle stratégique de l’EA-37B ne se limite pas aux frontières américaines. La Royal Australian Air Force envisage déjà d’intégrer ce genre d’appareil dans son arsenal spécialisé. Cependant, il faut aussi tenir compte de la concurrence, notamment avec des plateformes comme le Y-9LG de la Force aérienne de l’Armée populaire de libération (PLA) dans la région Indo-Pacifique.
Le Lieutenant-colonel Jesse Szweda explique que « les capacités de cette plateforme sont la pierre angulaire pour faire face aux menaces émergentes dans n’importe quelle zone ». De son côté, le Lieutenant-colonel Tray Wood ajoute que cette mission couronne « des années de planification et de coordination entre des milliers de personnes ».








