Pourquoi l’Allemagne mise sur le missile ukrainien Bars

La Bundeswehr prévoit d’acquérir le missile de croisière ukrainien Bars avant fin 2026 pour des essais début 2027.

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Pourquoi l’Allemagne mise sur le missile ukrainien Bars © Armees.com

La Bundeswehr s’apprête à tester un nouveau système d’armes : le missile de croisière ukrainien Bars. Un accord d’achat pourrait être signé avant fin 2026, ouvrant la voie à des essais techniques début 2027. Si les résultats s’avèrent concluants, plusieurs centaines d’unités pourraient rejoindre l’arsenal allemand. Selon Meduza, il s’agit du premier achat connu d’armes offensives développées en Ukraine pour l’usage propre de l’armée allemande.

Le missile Bars : profil et capacités de l’arme ukrainienne

Le Bars appartient à la catégorie des missiles de croisière à turboréacteur, communément désignés sous l’appellation « drone missiles ». Sa portée maximale atteint 1 000 kilomètres selon les variantes, avec une charge utile pouvant aller jusqu’à 105 kilogrammes. D’après Azernews, le système combine propulsion à réaction et guidage autonome, lui conférant une signature radar réduite. La configuration modulaire autorise l’adaptation de différentes têtes militaires selon les objectifs visés : bunkers, infrastructures critiques ou concentrations de matériel. La production ukrainienne privilégie l’emploi de composants civils détournés, réduisant drastiquement les coûts unitaires par rapport aux systèmes occidentaux équivalents.

Précision et système de guidage : avantages tactiques

Le missile Bars intègre un dispositif de navigation combinant GPS et guidage inertiel. La précision annoncée permet des frappes sur des cibles ponctuelles avec un écart circulaire probable inférieur à 10 mètres. Le vol en basse altitude et la trajectoire programmable compliquent l’interception par les défenses antiaériennes adverses. Meduza précise que « le Bars représente le missile à bas coût le plus largement produit en Ukraine, totalisant le plus grand nombre de lancements, et son utilisation a été la plus minutieusement affinée ». Informat.ro rapporte que l’arme a déjà prouvé son efficacité opérationnelle contre des installations russes en Crimée et dans les régions occupées.

Intégration à la Bundeswehr : défis techniques et calendrier

Phase 1 (fin 2026) : signature de l’accord d’achat initial

Berlin finalisera dans les prochaines semaines l’acquisition d’un premier lot de missiles Bars destiné aux essais. Le Financial Times indique que l’accord devrait être conclu avant la fin de l’année 2026. La production s’effectuera au sein d’une coentreprise ukraino-allemande établie en septembre 2026 dans le cadre du programme « Build with Ukraine ». En octobre 2026, le premier lot de Bars fabriqués en Allemagne avec des fonds allemands a déjà été livré à l’Ukraine, validant la chaîne de production. La Bundeswehr bénéficiera ainsi d’une infrastructure industrielle déjà opérationnelle sur son territoire.

Phase 2 (début 2027) : essais techniques et validation opérationnelle

Les tests débuteront au premier trimestre 2027 sur des sites d’essais allemands. Les ingénieurs de la Bundeswehr évalueront l’interopérabilité du système avec les plateformes de commandement existantes, la fiabilité mécanique, la précision réelle en conditions de tir et la résistance aux contre-mesures électroniques. La durée prévisionnelle de cette phase s’étend sur six à neuf mois. Les résultats détermineront la capacité du Bars à répondre aux standards OTAN et aux exigences opérationnelles allemandes. Parallèlement, Berlin teste également le missile américain Anthem, produit par Covenant Industries, dont le coût unitaire représente un dixième du Tomahawk (évalué entre 4 et 6 millions de dollars).

Phase 3 (post-2027) : commande de plusieurs centaines d’unités et déploiement

Si les essais s’avèrent concluants, l’Allemagne commandera plusieurs centaines de missiles Bars. Le déploiement opérationnel interviendrait dès 2028, renforçant significativement les capacités de frappe en profondeur de la Bundeswehr. The Defender Media souligne que l’acquisition permettrait à Berlin d’élargir rapidement son arsenal de systèmes à longue portée, contournant les délais de livraison des Tomahawk américains, estimés à cinq ans. La production locale garantit par ailleurs une autonomie stratégique accrue face aux fluctuations des politiques d’exportation américaines.

Benchmark : Bars face à Anthem, Tomahawk et Flamingo

Comparaison des vecteurs : portée, charge utile, précision

Le Tomahawk américain demeure la référence en matière de missiles de croisière, avec une portée supérieure à 1 600 kilomètres et une charge de 450 kilogrammes. Son coût prohibitif (4 à 6 millions de dollars) et ses délais de livraison limitent toutefois son attractivité pour un réarmement massif. L’Anthem, concurrent direct du Bars, offre une portée comparable à 1 000 kilomètres pour un coût dix fois inférieur au Tomahawk. Le Bars ukrainien se distingue par son rapport coût-efficacité optimal et sa disponibilité immédiate grâce à la production locale en Allemagne. Le Flamingo, autre missile ukrainien initialement considéré, présentait des caractéristiques similaires mais avec une maturité technologique moindre.

Pourquoi Flamingo a été suspendu : facteurs techniques

L’achat potentiel du missile Flamingo a été suspendu par Berlin. Les raisons tiennent principalement à l’état de développement moins avancé du système et à un nombre de lancements opérationnels insuffisant pour garantir la fiabilité requise par les standards allemands. Le Bars, en revanche, totalise plusieurs dizaines de tirs réussis en conditions de combat réel, fournissant un retour d’expérience documenté. La maturité industrielle de la chaîne de production Bars en Allemagne a également pesé dans la balance. Le chancelier Friedrich Merz, pilotant un programme de réarmement de 780 milliards d’euros sur cinq ans, privilégie les solutions éprouvées et rapidement déployables. Le Flamingo pourrait néanmoins être réévalué ultérieurement si son développement progresse.

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