La marine espagnole voit progresser son programme de frégates F110. Le 27 octobre, le constructeur public Navantia a mis à l’eau la Roger de Lauria (F112), deuxième bâtiment de cette classe, dans son chantier de Ferrol. Selon le communiqué de Navantia relayé par Naval News, cette étape a été franchie avec quatre mois d’avance sur le calendrier convenu avec le ministère espagnol de la Défense.
Cette mise à l’eau marque la fin d’une phase majeure d’assemblage de la coque. Elle ne correspond pas à une entrée en service : le navire doit encore être équipé, testé puis réceptionné. Sa livraison est annoncée pour 2029.
Un programme de cinq frégates pour renouveler les capacités d’escorte
La F112 est la deuxième des cinq frégates F110 commandées pour l’Armada espagnole. Ces bâtiments sont conçus pour assurer des missions de lutte antisous-marine, de défense antiaérienne, de surveillance de surface et d’escorte au sein de groupes navals. La série doit renforcer les moyens de combat de la flotte, avec une architecture numérique pensée pour évoluer au fil de la carrière des navires.
La Roger de Lauria poursuit désormais sa construction à quai. Sa devancière, la Bonifaz (F111), se trouve dans une phase d’installation et de mise en route des systèmes, avant des essais en mer prévus en 2027. La F113 est également en construction et les premiers travaux de la F114 ont commencé, selon les informations communiquées par Navantia à l’occasion de la cérémonie.
Le chantier naval avait annoncé publiquement la mise à l’eau du 27 octobre, organisée en présence de représentants de la marine et des autorités espagnoles. La cérémonie concrétise une étape industrielle, tandis que la capacité opérationnelle dépendra de l’intégration des équipements et des essais à venir.
Des systèmes de combat conçus pour évoluer
Les F110 doivent intégrer le système de combat SCOMBA développé par Navantia, un mât regroupant plusieurs équipements électroniques ainsi que des solutions de suivi technique fondées sur des capteurs et un jumeau numérique du navire. Cette architecture vise à faciliter la maintenance et à améliorer la disponibilité des bâtiments pendant leur durée de service.
Le constructeur indique que 65 % du contenu du programme provient de l’industrie espagnole. Il présente la série comme un levier de souveraineté industrielle et d’innovation, avec plusieurs centaines d’entreprises mobilisées. Ces retombées concernent l’ensemble du programme, et non la seule frégate F112.
Une évolution antiaérienne déjà à l’étude
En parallèle de la construction des cinq unités, la marine espagnole et Navantia ont annoncé le 23 octobre travailler sur une évolution de la F110 dotée de capacités antiaériennes et antimissiles renforcées. Ce projet, désigné F110 IAMD, est encore au stade des études de configuration et répond à des besoins distincts de ceux de la série actuellement en construction.
La mise à l’eau de la Roger de Lauria confirme ainsi l’avancement matériel du programme existant. Le prochain enjeu sera l’achèvement des systèmes embarqués, puis la validation des performances du navire avant son transfert à la marine espagnole.








