La Marine nationale française participe à la surveillance du trafic en mer Noire depuis une base roumaine, dans un contexte d’attaques répétées contre des navires marchands. Le ministère roumain de la Défense a détaillé le 27 octobre les missions d’un Atlantique 2 français déployé à Mihail Kogălniceanu, près de Constanța, pour identifier les dangers pesant sur la navigation et mieux protéger les infrastructures maritimes sensibles.
À la demande de Bucarest, l’appareil a rejoint la base aérienne roumaine le 18 octobre. Ses missions de reconnaissance et de surveillance dans l’ouest de la mer Noire doivent se poursuivre jusqu’au 6 novembre, selon le communiqué officiel du ministère roumain de la Défense. Cette précision donne la mesure d’une contribution française directement liée à la sécurité des approches maritimes d’un pays membre de l’OTAN et de l’Union européenne.
Une mission française centrée sur la navigation et les infrastructures
Les vols sont planifiés avec le commandement naval roumain et le centre de coordination maritime chargé notamment des secours. L’objectif annoncé est double : repérer les risques pour les navires et renforcer la surveillance des infrastructures critiques situées dans la zone économique exclusive roumaine. Cette zone maritime s’étend au-delà des eaux territoriales et concentre des activités économiques et des équipements dont la sécurité intéresse directement Bucarest.
Le ministère roumain précise que des militaires de sa marine peuvent embarquer à bord de l’avion français pendant certaines missions. Des entraînements communs et des échanges d’informations avec les bâtiments roumains en mer sont également prévus. L’opération sert ainsi à partager une connaissance de la situation maritime, mais aussi à éprouver la coordination entre équipages et états-majors alliés.
La contribution française complète les patrouilles roumaines assurées par des navires, des hélicoptères Puma Naval et des systèmes sans pilote. Les autorités hydrographiques roumaines diffusent parallèlement des avis aux navigateurs sur les dangers et les itinéraires recommandés. L’enjeu est de disposer d’observations aériennes, de moyens présents en mer et d’informations exploitables par les équipages civils.
Pourquoi l’Atlantique 2 est adapté à cette surveillance
Conçu pour la patrouille maritime, l’Atlantique 2 peut observer de vastes espaces et suivre des mouvements de navires. La Marine nationale décrit notamment l’emploi de son radar Search Master et de sa caméra optronique WESCAM pour la surveillance du trafic civil et militaire. Ces équipements permettent de compléter les observations effectuées depuis les bâtiments de surface.
Ce n’est pas une première présence de l’appareil dans la région : la Marine française a déjà employé des Atlantique 2 pour des missions de surveillance en Méditerranée orientale et en mer Noire. La particularité de ce déploiement réside dans son implantation temporaire en Roumanie et dans les missions précisées par Bucarest, au moment où la sécurité des routes commerciales est devenue particulièrement préoccupante.
Une réponse aux attaques visant la navigation commerciale
Selon Reuters, le 27 octobre, au moins huit cargos ont été touchés près des côtes roumaines et bulgares au cours des trois semaines précédentes, avec environ 34 marins morts ou portés disparus. L’agence rappelle également l’annonce de renforts de surveillance maritime de l’OTAN, comprenant des avions, des radars et des drones.
Ces attaques placent la protection des équipages, la continuité du transport commercial et la sécurité des infrastructures au cœur des préoccupations des alliés. Le ministère roumain présente l’intervention française comme une contribution aux opérations de dissuasion conduites dans le cadre de l’OTAN et à la liberté de navigation. Le communiqué décrit une mission de surveillance et de coopération, et non une opération de frappe.
Pour la France, l’engagement illustre l’utilisation de capacités aéronavales nationales au profit d’un allié européen exposé aux conséquences de la guerre en Ukraine. Il souligne aussi le rôle opérationnel de la Marine nationale au-delà des côtes françaises : fournir du renseignement maritime, appuyer les moyens locaux et aider à sécuriser des routes essentielles aux échanges régionaux.








