Depuis son envol en février 2020, la sonde Solar Orbiter de l’Agence spatiale européenne (ESA) lance une toute nouvelle aventure dans l’exploration du Soleil. En sortant du plan de l’écliptique, cette mission nous ouvre des vues inédites sur notre astre, surtout en nous permettant de fouiller ses pôles, des régions encore bien mystérieuses, illustrant ainsi les progrès de l’exploration spatiale. Ces observations sont vraiment importantes pour mieux piger comment fonctionne le Soleil et prévoir ce que ses activités pourraient bien entraîner sur notre planète, révélant ainsi sa structure complexe.
Une techno qui en jette pour des découvertes inédites
La sonde Solar Orbiter embarque tout un arsenal d’instruments pointus capables de capter des images ultra détaillées du Soleil sur un large spectre, allant du visible à l’ultraviolet. Ces outils nous filent des infos précises et inédites, bien au-delà des capacités de la sonde Ulysse des années 1990 qui, même si elle avait déjà filé quelques images, ne pouvait pas explorer ces longueurs d’onde.
Grâce à sa technologie de pointe, Solar Orbiter a pu, pour la première fois, prendre des clichés des pôles solaires vus depuis l’extérieur du plan de l’écliptique. En observant le pôle Sud sous des angles de 15 et 17 degrés par rapport à l’équateur solaire, la sonde a mis en lumière un champ magnétique tout désordonné. Ce regard inédit nous permet de mieux décrypter ce qui se trame à l’intérieur du Soleil.
Manœuvres audacieuses et projets à venir
Depuis son lancement, Solar Orbiter a réalisé cinq manœuvres d’assistance gravitationnelle près de Vénus. En février 2025, elle a atteint une inclinaison de 17 degrés par rapport à l’équateur solaire. Dans les jours à venir, la sonde va continuer à monter jusqu’à atteindre 33 degrés, ce qui lui donnera des vues encore plus riches et détaillées des zones polaires du Soleil.
Les chercheurs espèrent que ces nouveaux angles de vue dévoileront des phénomènes surprenants et nous aideront à mieux comprendre le champ magnétique solaire ainsi que les cycles d’activité. D’ailleurs, l’ensemble des données collectées par Solar Orbiter devrait être accessible dès octobre 2025, annonçant de belles avancées scientifiques dans la science solaire.
Les pôles solaires jouent un rôle déterminant dans l’étude du champ magnétique héliosphérique, celui qui, en retour, influence l’ensemble de l’activité solaire – des taches solaires aux éjections de masse coronale. Savoir mieux décrypter ce champ aide à anticiper certaines perturbations qui peuvent toucher notre quotidien.
On se trouve actuellement en plein maximum solaire, avec un pic d’activité qui se manifeste lors d’un cycle de 11 ans. Pendant cette période, le Soleil affiche des taches, des éruptions et des éjections massives, toutes liées à des mécanismes internes encore mal compris. L’inversion de la polarité magnétique tous les onze ans rappelle l’importance d’examiner ces phénomènes de près.
Sami Solanki, chercheur à l’Institut Max-Planck pour la recherche sur le système solaire en Allemagne, explique : « Nous ne savions pas exactement à quoi nous attendre – les pôles du Soleil sont littéralement une « terra incognita ». » Carole Mundell, directrice scientifique de l’ESA, ajoute quant à elle que ces premières images marquent « le début d’une nouvelle ère pour la science solaire ».








