La NASA vient d’annoncer une découverte qui change la donne pour notre vision de l’atmosphère terrestre et même pour celle des autres planètes. Il s’agit d’un champ électrique, baptisé « champ électrique ambipolaire », qui enveloppe la planète. Bien que cette idée ait été évoquée il y a plus de 60 ans, elle n’a pu être confirmée qu’après des mesures directes réalisées par la fusée suborbitale Endurance de la NASA. Annoncée le 14 septembre 2024, cette trouvaille ouvre de nouvelles pistes sur l’évolution de l’atmosphère de la Terre et de planètes comme Mars et Vénus.
Une avancée scientifique déterminante
Le champ électrique ambipolaire est aussi important pour notre planète que les champs magnétiques terrestres. Sa mise en lumière représente un pas décisif pour mieux saisir les phénomènes qui se déroulent dans l’atmosphère. Les scientifiques soupçonnaient son existence depuis longtemps, notamment grâce à des indices relevés dès 1968 par des sondes.
La mission Endurance a mesuré ce champ entre 250 et 770 kilomètres d’altitude et a constaté une fluctuation de 0,55 volt – une tension que l’on peut comparer à celle d’une pile de montre (autrement dit, ce n’est pas énorme, mais suffisant pour modifier significativement le comportement des particules dans l’air). Selon Glyn Collinson, chercheur sur ce projet, « un demi-volt, c’est presque rien – c’est à peu près comme une pile de montre », mais c’est assez pour influencer les particules atmosphériques.
Un regard neuf sur les atmosphères planétaires
Cette découverte aide à mieux comprendre comment l’atmosphère de la Terre évolue, notamment en ce qui concerne la perte d’ions légers qui modifient sa composition et son climat. Elle résout aussi une vieille énigme sur l’échappement des ions froids, participant ainsi à l’évolution des gaz qui forment notre enveloppe protectrice.
De plus, ces données apportent des indices précieux sur l’état des atmosphères planétaires comme Mars et Vénus. Mars a perdu la majeure partie de son enveloppe gazeuse, alors que Vénus arbore une atmosphère dense et chaude surtout composée de dioxyde de carbone. Le champ ambipolaire pourrait aider à comprendre comment ces planètes font perdre leur atmosphère.
La mission Endurance : un cap scientifique
Lancée depuis Svalbard (Norvège) le 11 mai 2022, la fusée Endurance a atteint la surprenante altitude de 768,03 kilomètres en seulement 19 minutes. Elle a récolté des données importantes sur 518,21 kilomètres de son trajet. D’après Suzie Imber, « Svalbard est le seul site de lancement où vous pouvez traverser le vent polaire et capter les mesures dont nous avions besoin. »
Les relevés montrent que le rayonnement ultraviolet du Soleil transforme les atomes en ions dans l’ionosphère (la couche située entre 60 et 300 kilomètres d’altitude). Cette transformation exerce une force dix fois supérieure à celle de la gravité terrestre, comme explique Alex Glocer.
Vers une exploration interplanétaire approfondie
Cette avancée ouvre la porte à l’étude de champs électriques similaires sur d’autres planètes du système solaire. Comprendre ces phénomènes pourrait nous donner un aperçu précieux sur la capacité d’autres mondes à accueillir la vie, ce qui est essentiel pour la recherche de vie extraterrestre. Pour reprendre les mots de Collinson (dans un communiqué de la NASA) : « Toute planète disposant d’une atmosphère devrait posséder un champ ambipolaire. » Grâce à cette révélation, les scientifiques seront motivés à poursuivre leurs recherches afin de mieux comprendre non seulement notre planète, mais aussi celles qui orbitent autour du Soleil.
L’annonce faite récemment par la NASA ne se contente pas d’ajouter une nouvelle pièce au casse-tête qu’est notre univers – elle nous invite à explorer les mystères encore cachés dans notre propre système solaire.








