Le porte-avions Charles de Gaulle face à son avenir : le Sénat réclame un étude

Jean Baptiste Giraud
Par Jean-Baptiste Giraud Publié le 19 juin 2023 à 7h14
Porte-avions Charles de Gaulle

Le Sénat français a sollicité une étude sur la possibilité de prolonger l'opérabilité du porte-avions Charles de Gaulle après 2038. Cette étude se fait dans le cadre de la revue de la Loi de programmation militaire 2024-28. Avec l'avenir de la puissance navale française en débat, la question de la survie de son seul porte-avions en opération fait l'objet d'un examen attentif.

Perspectives sur la projection de force de la France

Des voix se sont élevées au sein de la commission de la défense pour soutenir l'idée de l'élaboration d'un second porte-avions nouvelle génération. L'objectif étant d'accorder à la Marine nationale une plus grande latitude dans ses opérations aéronavales. Toutefois, la question de la rentabilité et la faisabilité de ce projet demeure.

Sébastien Lecornu, ministre des Armées, a précisé que malgré l'étude envisagée, un second porte-avions n'est pas forcément à l'ordre du jour, mettant en lumière les contraintes budgétaires éventuelles. Dès lors, l'alternative de prolonger la durée de service du Charles de Gaulle se présente.

Le dilemme de la présence française en Méditerranée

La commission sénatoriale des Affaires étrangères et de la Défense a insisté sur la nécessité de maintenir une présence navale française en Méditerranée, face à une activité militaire croissante de la Russie et de la Turquie. De surcroît, la France a aussi à protéger ses intérêts en région Indo-Pacifique, ce qui complexifie le choix stratégique de déploiement naval.

Le Sénat français a donc requêté une étude pour déterminer le coût et la faisabilité du maintien du Charles de Gaulle en service en Méditerranée après 2040. Cette analyse est cruciale pour juger si la France peut maintenir son influence en Méditerranée sans entraver ses initiatives en Indo-Pacifique.

L'avenir du porte-avions Charles de Gaulle entaché d'incertitudes

Néanmoins, des doutes persistent sur le maintien du Charles de Gaulle au-delà de 2038. L'avenir du navire est grandement tributaire de l'état de ses réacteurs nucléaires, dont l'espérance de vie est approximativement estimée à 2040. La date finale de la fin d'exploitation du Charles de Gaulle ne sera déterminée qu'après son troisième arrêt technique majeur, prévu en 2027-28.

Alors que la position navale de la France est en balance, le devenir du Charles de Gaulle reste indécis. Les décisions prises dans les années à venir auront un impact déterminant sur la stratégie de défense française.

Jean Baptiste Giraud

Journaliste éco, écrivain, entrepreneur. Dir de la Rédac et fondateur d’EconomieMatin.fr. Fondateur de Cvox.fr. Officier (R) de gendarmerie.