Pourquoi la Marine remplace son groupe aéronaval par un simple groupe amphibie dans le détroit d’Ormuz

La France réajuste sa stratégie militaire face à la crise iranienne.

Publié le
Lecture : 2 min
Pourquoi la Marine remplace son groupe aéronaval par un simple groupe amphibie dans le détroit d'Ormuz
Pourquoi la Marine remplace son groupe aéronaval par un simple groupe amphibie dans le détroit d’Ormuz © Armees.com

Face aux tensions au Moyen-Orient, la Marine nationale a revu le positionnement de ses forces navales. Un groupe aéronaval (Gan) avait d’abord été envoyé pour marquer la présence française dans la zone, une décision annoncée par le président Emmanuel Macron en mars dernier. Engagé dans le cadre de la crise iranienne, le Gan n’a pourtant pas joué de rôle notable jusqu’ici. L’objectif était de dissuader une éventuelle escalade et de préparer des évacuations si nécessaire. Après les attaques récentes, dont celle contre la base navale française à Abou Dhabi, ce repositionnement attire de nouveau l’attention.

Le Gan : du Levant à l’océan Indien

Le Gan, après un premier stationnement en Méditerranée orientale, a désormais pris position dans l’océan Indien, rapporte Le Marin du magazine Ouest France. Ce déplacement marque un changement opérationnel après son départ précipité de Toulon le 27 janvier. Le Chevalier Paul, sister-ship de la frégate Forbin, rejoindra Toulon fin juin. Pendant son séjour en Méditerranée orientale, le Gan n’a mené aucune action directement liée à la crise iranienne, ce qui interroge sur l’utilité de ce premier déploiement.

Sécuriser le détroit d’Ormuz : quel plan pour la France

L’une des missions envisagées pour les forces françaises est la sécurisation du détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique. Ce scénario ne pourra se concrétiser que si une paix, même fragile, revient dans la région, ce qui suppose du temps et des efforts diplomatiques. Plutôt que le Gan, c’est le porte-hélicoptères Mistral qui doit prendre le relais pour cette mission, escorté par la frégate de défense aérienne Forbin. Une telle opération montrerait la volonté de la France de piloter une coalition internationale pour stabiliser cette zone sensible.

Le Mistral est équipé pour les menaces actuelles : il peut embarquer des hélicoptères de lutte antidrones, des systèmes de guerre des mines reposant sur des drones et accueillir un état-major embarqué. Cette polyvalence est utile face aux menaces modernes et asymétriques comme les drones iraniens.

Perspectives et enjeux à venir

Dans la configuration actuelle, plusieurs bâtiments sont prépositionnés, dont deux chasseurs de mines dans la zone. Le franchissement du canal de Suez par les forces françaises début mai montre la mobilité de cette posture. L’entretien estival du porte-avions, prévu en juillet, rappelle qu’il faut garder le matériel opérationnel pour répondre vite aux besoins de sécurité lors des prochaines échéances.

Laisser un commentaire

Share to...