Sur le site de Naval Group à Cherbourg, une cérémonie de soudure a marqué, le 25 septembre 2025, le lancement officiel de la construction des enceintes de confinement des deux chaufferies nucléaires du porte-avions de nouvelle génération. La première tôle a été assemblée ce jour-là.
Ces enceintes accueilleront les futures chaufferies nucléaires K22 du navire, explique Sciencepost. Leur taille est présentée comme sans précédent dans l’histoire de la propulsion nucléaire, et elles comptent parmi les pièces les plus emblématiques du futur porte-avions, selon la direction générale de l’armement (DGA), qui a publié le compte rendu de l’événement le 26 septembre 2025.
Deux enceintes de 1 300 tonnes chacune
Chaque enceinte métallique mesurera 14 mètres de hauteur pour 13 mètres de diamètre, et pèsera environ 1 300 tonnes. La fabrication a commencé par la partie la plus délicate : le fond, une étape qui demande une expertise pointue en chaudronnerie.
Une fois achevées, les chaufferies nucléaires seront intégrées dans ces enceintes, elles-mêmes installées dans la coque du navire, à la manière de poupées russes. Le principe reprend celui déjà retenu pour le Charles de Gaulle. Ces enceintes constituent une particularité propre aux porte-avions : sur les sous-marins, la coque épaisse assure directement cette fonction, sans structure intermédiaire.
Le chantier de Cherbourg, davantage connu pour la construction de sous-marins, mobilise un savoir-faire qualifié de pointu et unique par la DGA. Il s’appuie sur l’expérience acquise avec les chaufferies actuelles K15, celles du Charles de Gaulle et des sous-marins, et doit désormais s’adapter aux exigences du nouveau programme.
Ce programme, baptisé PA-NG, est piloté par la DGA. La conception des enceintes revient à TechnicAtome, sous la responsabilité du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), tandis que la construction se déroule chez Naval Group. Philippe Bahurel, directeur du programme, a estimé que ce chantier va renouveler la quasi-totalité des compétences françaises en matière de conception et de fabrication des installations de propulsion nucléaire.
Mise en service visée pour 2038
Le programme a été lancé officiellement en 2021 avec une première phase d’études. En 2024, la DGA et le CEA ont commandé les équipements à long délai de fabrication, dont la propulsion nucléaire. Une douzaine d’années séparera les premières commandes passées aux forgerons du démarrage effectif des chaufferies, avant que ne débutent les essais en mer.
La mise en service du porte-avions est prévue en 2038, année où le Charles de Gaulle, seul porte-avions à propulsion nucléaire en service hors des États-Unis, doit être retiré. En mars 2026, le président de la République a annoncé le nom du futur navire : France Libre. La phase de réalisation du programme avait été lancée quelques mois plus tôt, en décembre 2025.
Le futur porte-avions affichera un tonnage de 78 000 tonnes, contre 42 000 tonnes pour le Charles de Gaulle, pour une vitesse de déplacement de 27 nœuds, identique à celle de son prédécesseur. Sa propulsion nucléaire alimentera à la fois la propulsion navale, la vie à bord et les catapultes électromagnétiques des avions embarqués.








