Près de 80 drones iraniens abattus par la France : un officier révèle l’ampleur de l’opération

La France adopte une stratégie prudente au Moyen-Orient face à la menace des drones iraniens.

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Près de 80 drones iraniens abattus par la France : un officier révèle l'ampleur de l'opération
Près de 80 drones iraniens abattus par la France : un officier révèle l’ampleur de l’opération © Armees.com

Au Moyen-Orient, dans une situation géopolitique tendue, la France a opté pour une posture discrète et défensive, différente de son rôle antérieur de leader actif au Sahel. Cette orientation, mise en place depuis le déclenchement du conflit le 28 février, vise à ne pas « répéter les erreurs du passé », comme l’ont souligné plusieurs responsables français. Elle met aussi en lumière les défis logistiques et stratégiques auxquels Paris est confronté, tout en réaffirmant le respect des accords de défense avec le Qatar, le Koweït, la Jordanie et les Émirats arabes unis.

Renforcer la défense aérienne, mais ça coûte cher

Pour soutenir ses partenaires du Golfe, la France a envoyé des moyens aériens importants, dont l’adaptation des Rafale, pour protéger des sites stratégiques menacés par des drones et des missiles balistiques venus de Téhéran. Dix Rafale étaient déjà stationnés de façon permanente en Jordanie et aux Émirats arabes unis, renforcés depuis par quatorze unités supplémentaires « depuis quelques semaines », confirme Le JDD. Ces appareils se sont montrés efficaces contre les interception de drones iraniens, même si le prix des missiles Mica (600 000 € l’unité) utilisés pour les abattre soulève des questions : certains de ces drones sont estimés à seulement 30 000 € chacun.

L’envoi de quatre hélicoptères Tigre, annoncé par le chef d’état-major de l’armée de Terre le 30 mars, a renforcé la défense anti-drones. Ces hélicoptères ont reçu des « améliorations rapides » qui ont permis de détruire des dizaines de drones en utilisant de façon économique leur canon de 30 mm, avec « en moyenne, 50 coups » nécessaires par Shahed. « En trois semaines, sur nos Tigre, nous avons apporté des améliorations qui auraient pris plus d’un an », a déclaré un officier.

Faire marcher l’interopérabilité avec les partenaires

Au départ, l’absence de la « liaison 16 » sur les Tigre, liaison 16 (système de liaison de données tactique), a freiné leur emploi, car cette fonctionnalité est importante pour la communication en vol. La France a rapidement adapté ses appareils pour corriger ce manque. Par ailleurs, des hélicoptères Fennec de l’armée de l’Air ont joué un rôle notable dans la détection des menaces, en effectuant des missions de patrouille sans forcément engager les cibles.

Les partenaires régionaux veulent souvent « abattre eux‑mêmes les drones », ce qui pousse la France à rester en retrait la plupart du temps et à n’intervenir qu’en cas d’échec. « Cela a instauré une confiance mutuelle », a confié un haut gradé, soulignant l’importance de la coopération bilatérale.

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