La Royal Navy mobilise ses forces pour intercepter le pétrolier Smyrtos, un navire de la « shadow fleet » russe, dans la Manche. L’opération intervient alors que les tensions montent autour des exportations pétrolières russes, considérées comme un moyen de financer la guerre en Ukraine. Elle s’ajoute à une série d’actions coordonnées contre cette flotte qui transporte clandestinement du pétrole russe sous sanctions.
Le déroulé de l’opération
Selon la BBC, l’opération navale a duré six heures et s’est déroulée aux premières heures d’un dimanche matin. C’est la première intervention de ce type menée par les forces armées britanniques contre les exportations pétrolières illégales russes. Le ministère britannique de la Défense (MoD) a assuré qu’elle s’était déroulée dans le respect du droit international, à plus de 22,2 kilomètres des côtes britanniques, en eaux internationales. Elle a demandé plusieurs semaines de préparation.
Le Smyrtos, anciennement connu sous le nom de Myrtos, naviguait sous pavillon camerounais. Le navire avait quitté le port russe d’Ust-Luga le 5 juin et traversait la Manche le samedi précédant l’embarquement. Il est aujourd’hui à l’ancre au large de Weymouth et fait l’objet d’une surveillance accrue pendant que l’enquête se poursuit.
Qui est intervenu
L’opération a mobilisé un important dispositif militaire britannique : la Royal Marine Commandos, des avions de la Royal Air Force comme le RAF P-8 et des bâtiments de la Royal Navy comme le HMS Sutherland et le HMS Ledbury. Un hélicoptère britannique a aussi été engagé pour appuyer l’embarquement. Le ministère de la Défense, en coopération avec la National Crime Agency (NCA), a supervisé l’ensemble, notamment la vérification des documents à bord par des agents spécialement formés.
Les images prises pendant l’opération montrent les commandos descendre en rappel depuis un hélicoptère sur le navire, ce qui donne une idée de la difficulté de l’embarquement.
L’interception s’inscrit dans les efforts du Royaume-Uni pour couper le financement de la guerre russe en Ukraine et renforcer la sécurité maritime britannique.
La « shadow fleet » assurerait le transport d’environ 75 % du pétrole russe sous sanctions. Le gouvernement britannique, par la voix de son ministère de la Défense, a rappelé son objectif de « cibler les revenus pétroliers russes ». Avec plus de 500 navires sanctionnés, la pression économique sur le Kremlin s’accentue.
Sur le plan politique, l’opération intervient en pleine controverse au Royaume-Uni sur le financement de la défense. Les démissions récentes de John Healey et Al Carns, liées à des désaccords sur le Defence Investment Plan (DIP) et son financement jugé insuffisant, révèlent des tensions internes que les besoins stratégiques viennent accentuer.








