Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la mer Baltique porte les traces dangereuses de notre passé militaire. Entre 40 000 et 60 000 tonnes d’armes chimiques y ont été immergées, comprenant notamment 15 000 tonnes d’agents toxiques, principalement du gaz moutarde. À cela s’ajoute plus de 500 000 tonnes d’armes conventionnelles, telles que des mines de combat, des bombes et des grenades, déposées sur le fond marin, explique Euronews. Cet héritage témoigne des conséquences durables des munitions immergées sur notre environnement marin.
La Baltique, une décharge sous-marine
La répartition géographique de ces déversements montre l’ampleur de la pollution. Dans les bassins du Gotland, des munitions soviétiques ont été jetées. Bornholm, une île de la mer Baltique, est devenue un site de pêche infecté où l’on a détecté des toxines dans 10 % des échantillons de poissons. Les mines marines, au nombre estimé de 200 000 au 20e siècle, restent une menace silencieuse sous la surface.
Des institutions comme l’Institut d’océanologie de l’Académie polonaise des sciences mènent des travaux pour mieux comprendre et limiter les dégâts. Dr Michal Czub, biologiste affilié au Laboratoire des menaces contemporaines pour les écosystèmes marins, rappelle que « ce ne sont pas forcément les composés les plus abondants qui sont potentiellement les plus nocifs ». Les études montrent aussi que l’eau de mer ne neutralise pas ces armes, aggravant l’impact environnemental.
Nettoyer le fond : un vrai casse-tête
La corrosion des munitions libère progressivement des toxines qui contaminent la faune et la flore marines. Le réchauffement de la mer accélère la dégradation de ces armes, aggravant la situation. Les obus d’artillerie et les « barils mythiques » peuvent se corroder à des rythmes différents, ce qui complique la gestion uniforme des risques.
Dr Czub souligne que la restauration sûre et respectueuse de l’environnement des fonds marins nécessite des choix méthodologiques importants. Les contraintes juridiques rendent la tâche encore plus difficile pour assurer la sécurité des infrastructures. Des conventions internationales telles que la Convention de Londres de 1972, la Convention sur les armes chimiques de 1993, le Traité sur les fonds marins de 1971 et la Convention d’Helsinki (HELCOM) posent d’importantes barrières à l’extraction et au transfert de ces armes dangereuses.








