La Marine nationale sélectionne trois finalistes pour son futur drone de surface armé

La Marine nationale a retenu trois candidats pour poursuivre le développement du projet DANAE, un drone de surface autonome destiné à la protection des ports et à l’escorte des bâtiments militaires.

Publié le
Lecture : 3 min
La Marine nationale a retenu trois candidats pour poursuivre le développement du projet DANAE, un drone de surface autonome destiné à la protection des ports et à l’escorte des bâtiments militaires. ChatGPT
La Marine nationale a retenu trois candidats pour poursuivre le développement du projet DANAE, un drone de surface autonome destiné à la protection des ports et à l’escorte des bâtiments militaires. ChatGPT | Armees.com

La compétition se resserre autour du futur drone de surface armé de la Marine nationale. Après une première campagne d’essais menée au large de Toulon, trois solutions industrielles restent en lice dans le cadre du programme DANAE. Les équipes sélectionnées disposent désormais d’une nouvelle phase de développement pour perfectionner leur drone avant une évaluation qui doit conduire, à terme, au choix d’un modèle destiné à entrer en production.

Trois solutions industrielles restent en compétition pour DANAE

SeaOwl, le groupement réunissant SEAir, ÆGIR, MBDA et Diades Marine, ainsi que l’équipe constituée de SIREHNA, Couach et Naval Group poursuivront la compétition. L’Agence de l’innovation de défense a officialisé cette sélection après l’évaluation de sept propositions industrielles. Les essais initiaux avaient été organisés du 19 au 23 janvier 2026 au sud de la presqu’île de Saint-Mandrier, près de Toulon. La Direction générale de l’armement, la Marine nationale et l’AID avaient alors étudié plusieurs paramètres déterminants pour l’emploi opérationnel d’un drone naval. La qualité de la navigation autonome, l’endurance et les capacités d’autonomie décisionnelle figuraient notamment parmi les critères examinés. Cette autonomie ne concerne toutefois pas la décision d’utiliser un armement contre une cible. D’après l’AID, les trois solutions retenues sont celles qui ont atteint le niveau de maturité technologique le plus élevé au regard de ces différents critères.

Les trois projets reposent sur des architectures sensiblement différentes. SeaOwl développe NEMEZIS, une solution dérivée d’une embarcation EDO 4G et pensée pour assurer des missions de surveillance, de protection et d’interdiction de zone. Le groupement ORCAS emmené par SEAir mise pour sa part sur un drone de surface équipé de foils. Cette technologie doit notamment améliorer sa vitesse, son autonomie et sa stabilité lorsque l’état de la mer se dégrade. Le drone peut être embarqué sur une frégate et recevoir différents capteurs ou équipements adaptés aux missions offensives et défensives. La troisième proposition repose sur le Seaquest-S développé autour de SIREHNA, Couach et Naval Group. Ce drone d’environ neuf mètres est conçu dès l’origine pour évoluer sans équipage. Sa taille doit notamment permettre son déploiement depuis des bâtiments de la Marine nationale. Mer et Marine souligne également que ce modèle avait déjà participé à des expérimentations en mer Baltique en 2025, signe d’une maturation engagée avant même la compétition DANAE.

La Défense accélère le développement des drones navals autonomes

Le projet DANAE répond à deux besoins prioritaires : protéger les infrastructures portuaires et accompagner des bâtiments militaires exposés à des menaces rapprochées. L’objectif n’est donc pas seulement de disposer d’un nouveau drone expérimental. La Marine nationale cherche à intégrer des systèmes autonomes capables de compléter les moyens habités lors de missions de surveillance, d’escorte ou de protection. Cette évolution intervient dans un contexte où les drones de surface ont pris une place croissante dans les opérations navales contemporaines. Les forces armées étudient désormais leur utilisation pour éloigner les marins des zones les plus dangereuses, multiplier les capteurs autour d’une force navale et augmenter le nombre de plateformes disponibles sans recourir systématiquement à de nouveaux bâtiments habités. DANAE prévoit en outre des capacités létales et non létales. Le drone retenu devra donc pouvoir recevoir différents équipements selon la mission, tout en conservant un niveau d’autonomie compatible avec une utilisation militaire. L’armement reste néanmoins placé dans une chaîne de décision humaine, l’autonomie évaluée par la DGA ne portant pas sur la décision finale de neutralisation d’une cible.

Le calendrier du programme illustre également la volonté de la Défense française de raccourcir les cycles traditionnels d’acquisition. Le besoin opérationnel a été exprimé au début de l’année 2025. Quelques mois plus tard, plusieurs industriels français étaient sollicités et sept solutions pouvaient déjà être évaluées en mer en janvier 2026. Cette démarche repose sur un partenariat d’innovation permettant de faire évoluer les prototypes durant la compétition plutôt que d’imposer dès le départ une architecture technique totalement figée. Selon l’AID, la deuxième phase a débuté en septembre 2026 et doit se poursuivre jusqu’à la fin de 2027. Les trois candidats disposent notamment de douze mois pour améliorer leur drone avant de nouvelles évaluations réalisées avec la Marine nationale et les moyens de DGA Techniques navales. La troisième étape doit ensuite conduire à la production en série, à la mise en service et au soutien initial de la solution retenue. Le programme DANAE constitue ainsi à la fois un projet de drone armé et un test grandeur nature pour une nouvelle méthode d’acquisition militaire. Pour la France, l’enjeu est également industriel : disposer d’une technologie nationale dans le domaine des drones de surface autonomes afin de renforcer l’autonomie stratégique de la Défense face à un marché naval où ces systèmes prennent une importance croissante.

Laisser un commentaire

Share to...