F126 : Damen attaque l’Allemagne pour rupture de contrat abusive

Le chantier naval néerlandais Damen réclame 4,7 milliards d’euros à l’Allemagne après l’annulation brutale, en juin 2026, du programme de six frégates F126.

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F126 : Damen attaque l’Allemagne pour rupture de contrat abusive © Armees.com

Le chantier naval néerlandais Damen réclame 4,7 milliards d’euros au gouvernement allemand suite à l’annulation, en juin 2026, de la commande de six frégates F126. Berlin a justifié sa décision par des retards et des dépassements budgétaires, mais Damen conteste cette rupture, accusant l’Allemagne d’avoir causé l’échec du programme.

Les premiers signes de difficultés dans le programme F126

En 2020, l’Allemagne a accordé à Damen Schelde Naval Shipbuilding la construction de quatre frégates F126, auparavant connues sous le nom de MKS 180, pour un montant de 8 milliards d’euros. Ce contrat visait à moderniser la Deutsche Marine avec des navires multi-missions opérationnels jusqu’en 2070. La livraison était prévue pour 2028. En juin 2024, deux frégates supplémentaires ont été commandées. Selon NL Times, malgré la connaissance des difficultés, l’Allemagne a maintenu son engagement.

Les premiers problèmes sont apparus dès 2022, avec des défauts de conception des blocs de coque : câblage mal positionné, tuyauterie inadéquate, composants en acier insuffisamment dimensionnés. La productivité est tombée à 20-30 % du niveau prévu, d’après Meta-Defense, repoussant les délais à 2031-2032.

Problèmes techniques et rupture du contrat

Le logiciel 3DEXPERIENCE de Dassault Systèmes, utilisé par Damen pour la conception numérique des frégates, a engendré des erreurs critiques en raison d’incompatibilités avec les outils employés par les partenaires allemands, comme Rheinmetall. Les échanges de données incorrects ont conduit à des plans incompatibles et des erreurs de géométrie, nécessitant des corrections manuelles coûteuses.

Les audits ont révélé des divergences méthodologiques : Damen favorisait une approche modulaire néerlandaise, tandis que la Bundeswehr exigeait une intégration selon les standards OTAN et allemands. Ces désaccords ont entraîné des retards et des surcoûts estimés à plusieurs centaines de millions d’euros. En 2025, le programme accusait un an de retard.

Annulation et transition vers MEKO A-200

Le 18 juin 2026, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a annoncé l’annulation du contrat F126, citant l’incapacité de Damen à respecter les délais et à contrôler les coûts. Berlin a aussi évoqué des contre-réclamations de 2,3 milliards d’euros pour les préjudices subis.

Simultanément, l’Allemagne a commandé huit frégates MEKO A-200 à ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS), un choix rassurant pour Berlin en raison de l’expérience de TKMS et de sa maîtrise des standards allemands.

Damen conteste la rupture : 4,7 milliards réclamés

En octobre 2026, Damen a officiellement demandé 4,7 milliards d’euros aux commissions budgétaire et de défense du Bundestag. Le constructeur accuse Berlin d’avoir imposé des exigences changeantes, causant des retards. Baird Maritime rapporte que Damen affirme que l’Allemagne était informée des difficultés dès 2022.

L’avocat de Damen, Peter Gauweiler, a critiqué la décision allemande, affirmant qu’elle n’avait aucune base juridique. Il soutient que l’annulation était une décision politique visant à favoriser TKMS.

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