La Grèce, par l’intermédiaire de sa Direction générale de l’armement, vient de signer un contrat important avec l’industriel français Thales pour la modernisation des systèmes de ses frégates de classe Hydra, confirme BFMTV. Cette décision intervient dans un climat géopolitique tendu et renforce la position militaire d’Athènes dans la région. Entre tensions persistantes avec la Turquie et des investissements lourds dans la défense, la modernisation de ces frégates s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de la puissance militaire nationale.
Un partenariat greco‑français qui se renforce
Le contrat, annoncé le lundi 25 mai dans un communiqué de presse de Thales, concerne non seulement l’intégration de nouveaux capteurs, mais aussi la dernière version du système de gestion de combat Tacticos. Les frégates concernées, au nombre de quatre, sont en cours de modernisation pour intégrer les technologies les plus avancées, notamment le radar NS100 et la conduite de tir STIR.
Vincent Megaides, directeur général de Thales en Grèce, Chypre et Malte, souligne : « Notre partenariat de longue date avec les forces armées helléniques reflète une base solide de confiance et d’engagement mutuels. Nous sommes fiers d’avoir été sélectionnés pour cette mise à niveau de mi‑vie ».
La Grèce, un des rares pays de l’OTAN à consacrer plus de 3 % de son PIB à la défense, compte sur cette collaboration pour maintenir une efficacité militaire optimale en intégrant des équipements déjà éprouvés sur plusieurs flottes de l’OTAN.
Tensions et enjeux régionaux
La situation régionale reste marquée par des tensions en mer Égée, à la fois partenaire et rival historique au sein de l’OTAN. La modernisation des frégates Hydra est présentée comme une réponse directe à ces tensions récurrentes, ce qui explique les dépenses importantes de la Grèce en matière d’armement.
En 2021, Athènes avait déjà passé une commande importante pour flotte d’avions Rafale et quatrième frégate Belharra, pour un montant supérieur à 5,5 milliards d’euros. Un an plus tard, une quatrième frégate Belharra a été ajoutée au contrat. Ces acquisitions s’inscrivent dans un accord de coopération renouvelé entre la France et la Grèce, favorisé par la visite officielle du président français Emmanuel Macron en avril dernier.
La grande réforme des forces grecques
Au‑delà de ce contrat spécifique, la Grèce prévoit une réforme militaire sur 12 ans, avec un investissement total avoisinant 25 milliards d’euros, incluant la modernisation de la force aérienne. Le programme « Bouclier d’Achille » vise à se doter d’un dôme antimissiles, antiaérien et antidrones, positionnant ainsi Athènes comme un acteur majeur dans la région.
Cette ambition, associée à des relations renforcées avec des partenaires clés comme la France, témoigne d’une volonté claire de modernisation et d’accroissement des capacités de défense grecques. L’annonce récente de l’acquisition de frégates italiennes de type Bergamini illustre aussi cette dynamique, comme l’a souligné Kyriakos Mitsotakis, Premier ministre grec.








