La Turquie a signé un contrat pour l’achat de 20 avions de chasse Eurofighter Typhoon, pour un montant de 9,2 milliards d’euros. Cette décision suscite des réactions et soulève des questions géopolitiques dans une région déjà marquée par des tensions en mer Égée, des explorations énergétiques et des flux migratoires entre pays voisins, notamment la Grèce et la Turquie. L’accord change la donne pour Ankara et pèse sur les relations entre l’OTAN et plusieurs pays européens impliqués dans le consortium constructeur (Royaume-Uni, Allemagne, Italie et Espagne).
Une flotte turque qui a besoin d’un coup de neuf
La Turquie dispose aujourd’hui d’environ 300 avions de combat vieillissants. Le contrat, signé le 27 octobre, prévoit que les premières livraisons des Eurofighter Typhoon commenceront en 2030. Les appareils seront équipés de missiles Meteor (missile air-air à longue portée), un atout technologique important. Cette commande vise à moderniser sa flotte aérienne pour renforcer sa position dans la région et son rôle au sein de l’OTAN.
Jusqu’en juillet, un veto allemand bloquait la vente. Sa levée a permis au Royaume-Uni de finaliser l’accord, un geste qui souligne le rôle central attribué à la Turquie par John Healey, ministre de la Défense britannique, qui a parlé de la Turquie comme d’un « allié important de l’OTAN et gardien de la mer Noire ». Pour l’OTAN, cela participe au renforcement de la dissuasion et à la sécurité collective.
La réaction grecque et le plan de modernisation
Face à cette montée en puissance turque, la Grèce (via l’Hellenic Air Force (HAF)) vise l’acquisition de Rafale F4 plus avancés que ceux en service aujourd’hui, explique le média Zone Militaire. Le ministre de la Défense grec, Nikos Dendias, a indiqué que la Grèce vise les Rafale en version F4.3, destinés à remplacer les Mirage 2000-5 dont le soutien par Dassault prend fin en 2027. Cette démarche s’inscrit dans le Plan 2030, qui vise à doter la Grèce de 200 avions de combat modernes pour conserver un avantage technique.
Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a déclaré : « Nous n’avons actuellement aucune intention d’exercer notre droit d’acquérir six Rafale supplémentaires. » Néanmoins, la nécessité de répondre à l’évolution de la situation régionale reste forte. La Grèce cherche à consolider sa défense pour rester à niveau face à son voisin.








