En janvier 2024, une équipe archéologique mixte égypto-américaine a mis au jour une trouvaille impressionnante dans le sud de l’Égypte, pas loin d’El Ashmunein. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités a rapidement fait savoir qu’il s’agissait de la partie supérieure d’une statue colossale de Ramsès II. Cette découverte intéresse autant les chercheurs que tous ceux qui aiment explorer l’histoire ancienne et le patrimoine culturel mondial.
Une statue monumentale
La statue retrouvée est taillée dans un bloc de calcaire et mesure environ 3,8 mètres de haut. Elle représente Ramsès II assis, coiffé d’une double couronne, avec un cobra royal qui symbolise le pouvoir et la divinité. Sur la colonne arrière, des hiéroglyphes célèbrent la grandeur du roi. D’après Bassem Jihad, chef de l’équipe égyptienne, cette œuvre met bien en avant l’importance de Ramsès II durant son règne.
L’archéologue allemand Gunther Roeder avait repéré la partie inférieure de cette statue en 1930, et les spécialistes estiment aujourd’hui que la sculpture complète aurait environ 7 mètres de hauteur. Mustafa Waziri, à la tête du Conseil suprême des antiquités d’Égypte, a confirmé que les deux parties s’assemblent parfaitement.
Un site chargé d’histoire
La découverte s’est faite non loin d’El Ashmunein, anciennement connue sous le nom de Khemnu. Installée sur la rive ouest du Nil, Khemnu fut jadis une capitale provinciale durant l’Ancien Empire égyptien et, plus tard, sous domination romaine, elle s’appelait Hermopolis Magna. Ce site est clé pour comprendre le rôle central de Ramsès II dans l’histoire de l’Égypte.
Yvona Trnka-Amrhein, professeure assistante à l’Université du Colorado Boulder, a d’ailleurs souligné les difficultés posées par la proximité du Nil. Depuis la construction du barrage d’Aswan, le niveau élevé de la nappe phréatique complique la conservation des vestiges en pierre comme cette statue.
Refaire le puzzle
Basem Gehad, co-responsable égyptien de la mission, suggère de réunir les deux parties de la statue pour qu’elles puissent être présentées ensemble. Pour l’instant, la partie inférieure reste sur le site à El Ashmunein. Trnka-Amrhein espère que cette idée sera rapidement validée.
La mission est également occupée à nettoyer et préparer le nouveau bloc pour reconstituer son apparence une fois les deux sections assemblées. Ce travail important vise à redonner à la statue la présentation que ses créateurs avaient imaginée.
Un témoignage haut en couleurs
Malgré les difficultés pour sa conservation, la statue est remarquablement bien préservée, avec des traces de pigments bleu et jaune qui subsistent sur sa surface. Ces vestiges offrent un aperçu précieux de l’aspect initial et des références culturelles de l’époque.
Celle-ci nous rappelle que même si certaines parties avaient déjà été découvertes, chaque fouille peut réserver de belles surprises. Comme le souligne Trnka-Amrhein : « Nous savions qu’elle pourrait être là… mais c’était une totale surprise ».
Cette avancée dans l’archéologie met en lumière non seulement le savoir-faire artistique des anciens Égyptiens, mais aussi leur habileté à créer des œuvres qui continuent de fasciner et d’inspirer le respect à travers le temps. En reconstituant peu à peu ces découvertes archéologiques, nous enrichissons notre connaissance tout en préservant le patrimoine pour les générations futures.








