À Illkirch, près de Strasbourg, une jeune entreprise française s’apprête à bouleverser les technologies de défense. Grâce à un revêtement ultra-léger à base de graphène, Blackleaf promet de rendre avions, missiles ou drones kamikazes presque invisibles aux radars. Un pas décisif dans l’ère de la guerre technologique.
Le graphène pour rendre les avions « invisibles »
Le graphène, matériau dérivé du graphite, possède des propriétés étonnantes. Ultra-fin, flexible, conducteur, léger et résistant, il représente une opportunité unique pour les applications militaires. Selon des informations du Paris Air Show 2025, Blackleaf a misé sur ce potentiel dès sa création en 2018, en développant une solution furtive capable d’absorber la quasi-totalité des ondes radar.
Concrètement, l’entreprise a conçu un revêtement à base de graphène combiné à un matériau exclusif breveté. Résultat : une couche de quelques millimètres ne pesant que 100 grammes au mètre carré, capable de neutraliser plus de 90% des signaux radar. De quoi faire « disparaître » les cibles aux yeux des détecteurs ennemis, qu’il s’agisse d’un chasseur ou d’un drone kamikaze.
Cette innovation ne se limite pas à l’aéronautique. Missiles, systèmes d’artillerie ou blindés pourraient également bénéficier de cette technologie. En s’attaquant à la signature radar, Blackleaf répond à un enjeu crucial de la guerre moderne : l’invisibilité face à la détection automatisée.
Blackleaf, une start-up bien armée pour l’industrialisation
Fort de premiers résultats prometteurs, Blackleaf entame une nouvelle phase : la montée en puissance industrielle. Soutenue par l’AID et la BPI, la start-up a levé plusieurs millions d’euros pour construire une usine dédiée. Objectif : produire jusqu’à dix tonnes de graphène par mois d’ici 2026.
L’entreprise alsacienne veut également séduire de grands noms du secteur défense. Dassault, Thales ou Safran font partie des industriels intéressés. Mais le défi reste de taille : il faut convaincre des marchés encore peu familiers avec ce type de matériau. Le graphène, bien que performant, reste perçu comme un produit de laboratoire.
Pour y remédier, l’équipe de Blackleaf développe activement des cas d’usage avec ses partenaires. Le revêtement, proposé à un tarif cible de 150 euros le kilo, vise aussi d’autres secteurs stratégiques comme l’automobile, la chimie ou l’énergie. Si elle réussit son pari, la start-up pourrait devenir un acteur incontournable des technologies furtives, notamment face à la menace croissante des drones kamikazes.








