Le 27 août 2025, à Unterlüß en Basse-Saxe, Rheinmetall a officiellement ouvert sa nouvelle usine de munitions. L’industrie allemande franchit ainsi une étape majeure dans le cadre du réarmement engagé depuis l’invasion russe de l’Ukraine. Avec un investissement de 500 millions d’euros, ce complexe est présenté comme un pilier de la souveraineté européenne, capable de produire des centaines de milliers d’obus pour l’Allemagne, ses alliés de l’OTAN et l’Ukraine.
Rheinmetall : Une usine géante au service du réarmement allemand
La nouvelle installation industrielle se situe à Unterlüß, près de Hanovre, dans le Land de Basse-Saxe, où Rheinmetall y a investi environ 500 millions d’euros. Le chantier avait débuté en février 2024 et la mise en service d’essai est intervenue au deuxième trimestre de l’année 2025, avant l’inauguration officielle en présence du ministre allemand de la Défense et du secrétaire général de l’OTAN. Selon France 24, l’objectif est clair : sécuriser l’approvisionnement européen en munitions dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes.
Cette usine doit rapidement devenir la plus grande d’Europe en matière de production d’obus. Les capacités annoncées illustrent l’ampleur du projet. Dès 2025, la production atteindra 25 000 obus, selon Reuters. Elle montera à 140 000 en 2026 puis culminera à 350 000 obus par an en 2027, confirmant le rôle central de cette infrastructure pour l’industrie de la Défense. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a salué l’inauguration comme « un symbole du renouveau de la défense européenne ». L’ensemble du site emploiera jusqu’à 3 200 personnes, d’après Harici, consolidant sa place de plus grand complexe de Rheinmetall en Europe.
Munitions : une production stratégique pour l’Europe et l’Ukraine
Outre la production d’obus classiques, Rheinmetall prévoit de lancer dès 2026 la fabrication de roquettes d’artillerie sur le site, selon Mezha. Le groupe envisage également d’y assembler à terme des moteurs-fusées et des têtes de guerre, renforçant ainsi l’autonomie de l’industrie européenne dans le domaine des munitions. Une diversification jugée indispensable pour répondre à la demande croissante générée par la guerre en Ukraine et par les plans de réarmement des pays alliés.
Armin Papperger, PDG de Rheinmetall, a présenté le projet comme le premier jalon d’un « système de défense paneuropéen », relaye Reuters. L’industriel souligne que cette nouvelle capacité s’inscrit dans une dynamique collective qui associe la Lituanie, le Royaume-Uni, la Roumanie, la Lettonie et l’Ukraine.
Expansion et ancrage international de Rheinmetall
Le projet d’Unterlüß n’est pas isolé. Rheinmetall multiplie les initiatives afin de renforcer son rôle au cœur du réarmement européen. Reuters a confirmé le 27 août 2025 la signature d’un accord avec la Roumanie pour construire une usine de poudre d’ignition, d’une valeur de 535 millions d’euros. La construction débutera en 2026 et durera trois ans. À terme, cette infrastructure devrait employer 700 personnes et alimenter les chaînes de production régionales.
Parallèlement, Rheinmetall coopère avec Lockheed Martin pour produire en Allemagne des missiles ATACMS et Hellfire. L’accord signé en 2024, mentionné par Reuters, vise à transférer des technologies clés vers l’industrie européenne. L’usine d’Unterlüß pourrait accueillir une partie de cette production, ce qui renforcerait encore la position de l’Allemagne comme pivot stratégique dans le domaine des armements.








