La société de défense Anduril Industries a annoncé, en juin 2024, la construction d’une nouvelle usine de production dans le Rhode Island, capable de fabriquer jusqu’à 200 véhicules sous-marins autonomes Dive-LD par an. L’usine est implantée à Quonset Point, financée sur les fonds propres de l’entreprise, avec le soutien de l’État.
Le site s’étend sur environ 14 000 m² et doit créer plus de 100 emplois sur les cinq prochaines années. Le Rhode Island a accordé environ 5,4 millions de dollars de crédits d’impôt pour attirer l’implantation.
L’usine se trouve à courte distance du chantier où General Dynamics Electric Boat fabrique des sections de coque pour sous-marins nucléaires. Le plus gros constructeur de sous-marins du pays vise un rythme de deux sous-marins d’attaque classe Virginia par an au début des années 2030, un objectif que la marine américaine juge déjà ambitieux. L’écart avec les 200 unités annuelles visées par Anduril donne la mesure du pari industriel.
Un cylindre taillé pour les grandes séries
Le Dive-LD mesure 5,8 m de long pour un diamètre de 1,2 m et pèse 2 720 kg à sec. Il peut plonger jusqu’à 6 000 m, soit plus de 2 134 m plus profond que l’épave du Titanic, alors que les profondeurs d’essai des sous-marins habités se comptent en centaines de mètres. En mission autonome, il tient jusqu’à dix jours en immersion.
Sa coque repose sur une architecture à noyage libre : l’eau de mer circule directement à travers la structure, tandis que l’électronique reste logée dans des coques sous pression individuelles, ce qui évite de souder une coque à pression en acier.
Les carénages extérieurs sont imprimés en 3D grand format, l’ensemble des pièces d’un véhicule s’imprimant en moins de deux jours selon CompositesWorld. Deux opérateurs peuvent démonter tous les carénages du châssis en moins de 15 minutes.
Le véhicule est né chez Dive Technologies, une startup de robotique sous-marine de Boston qui l’avait conçu à partir de composants commerciaux standards. Anduril a racheté l’entreprise en 2022, héritant d’une architecture déjà pensée pour la production en volume, avant même que la demande n’existe.
Le calendrier semble tenu
Avant l’ouverture de Quonset Point, tous les Dive-LD sortaient du centre d’ingénierie maritime d’Anduril à Quincy, dans le Massachusetts, limité à 12 coques par an, avec une possibilité de monter à 24 selon les variantes. Devant des journalistes de Defense News, le 11 juin 2024, le directeur de la stratégie d’Anduril, Chris Brose, a expliqué que l’entreprise manquait déjà d’espace à Quincy pour répondre à la demande de l’US Navy, sans même compter la demande future anticipée.
Selon lui, chaque fabricant de défense doit choisir combien investir pour répondre à une demande jamais totalement prévisible, et Anduril a fait le choix d’investir en amont plutôt que d’attendre les contrats.
Le calendrier annoncé prévoyait une ouverture fin 2025, un début des opérations début 2026 et une pleine capacité d’ici fin 2026, avec un démarrage à 50 coques par an et une extension possible jusqu’à 200 selon la demande. Au 14 août 2026, il restait quatre mois et demi avant cette échéance.
Lors d’une visite de l’usine en février par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, des photographies publiées par Rhode Island Current montraient des employés transportant des coques de Dive-LD sur une chaîne de production active, avec des véhicules à différents stades d’assemblage.
Hegseth a lancé aux employés qu’ils étaient en première ligne pour assurer que le pays reste en tête, avant de signer un panneau et de s’éloigner au son de « Got to Hurry » des Yardbirds, diffusée par les haut-parleurs de l’usine.








