Les États-Unis repoussent à 2027 la mise à l’eau du USS John F. Kennedy : un retard de plus qui fait grincer des dents au Pentagone

Les porte-avions de la classe Gerald Ford, censés renforcer la marine américaine, font face à des retards et des coûts colossaux.

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Les États-Unis repoussent à 2027 la mise à l'eau du USS John F. Kennedy : un retard de plus qui fait grincer des dents au Pentagone
Les États-Unis repoussent à 2027 la mise à l’eau du USS John F. Kennedy : un retard de plus qui fait grincer des dents au Pentagone © Armees.com

Le programme des porte-avions de la classe Gerald Ford représente une avancée majeure pour la marine américaine, destinée à remplacer la classe Nimitz. Mais le projet rencontre d’importantes difficultés : retards de construction et dépassements de coûts persistent. Tout cela arrive à un moment où les progrès navals de la Chine, notamment la mise en service du superporte-avions Fujian, mettent les États-Unis sous pression.

USS John F. Kennedy (CVN-79) : le deuxième qui coince

L’USS John F. Kennedy, deuxième porte-avions de la classe Gerald Ford, illustre bien la complexité du programme. Initialement prévu pour 2024, son lancement a été repoussé à mars 2027, portant la durée de construction à 16 ans, rapporte Business AM.

Les retards tiennent surtout à l’arrivée tardive d’équipements essentiels, ce qui a ralenti les travaux structurels au chantier Huntington Ingalls Industries, à Newport News, en Virginie, en raison de la chaîne d’approvisionnement. Malgré ces embûches, les essais en mer ont commencé le 28 janvier dernier, une étape importante vers la livraison.

Cette situation touche aussi l’ensemble du programme, en particulier l’USS Doris Miller, troisième de la classe. La pose de quille de ce dernier reste floue, maintenant prévue pour « plus tard dans l’année ». Le coût de construction de l’USS Doris Miller est estimé à 12,88 milliards d’euros, signe de la hausse continue des dépenses.

Ce qui a coincé sur l’USS Gerald Ford (CVN-78) : et ce qui en a découlé

L’USS Gerald Ford, premier de la série, est entré en service en juin 2017, mais il a connu de sérieux problèmes techniques. Ascenseurs d’armes défectueux, catapultes électromagnétiques EMALS problématiques et défaillance du radar principal ont nécessité une refonte importante.

Toutes ces réparations ont fait grimper la facture : le coût final dépasse 16,1 milliards d’euros, ce qui en fait le navire de guerre le plus cher jamais construit. Des enseignements ont été tirés : Huntington Ingalls Industries a intégré ces leçons directement dans la construction des unités suivantes, dont le CVN-80 USS Enterprise et le CVN-81 USS Doris Miller, pour améliorer leur fiabilité.

Réagir à la montée en puissance chinoise

Face à la montée en puissance de la flotte chinoise et au lancement du Fujian prévu pour novembre 2025, les États-Unis accélèrent la production de la classe Gerald Ford. Comparées aux Nimitz, ces nouvelles unités sont, selon les termes souvent employés, « plus de deux fois plus chères », mais elles embarquent des technologies avancées pour rivaliser avec d’autres grandes puissances. L’intégration des F-35C est en cours sur le CVN-79, illustration de cette modernisation.

Les chantiers navals chinois progressent vite, construisant de nouveaux superporte-avions à propulsion nucléaire et conventionnelle. Cette course navale pousse l’US Navy non seulement à combler des retards, mais aussi à anticiper les besoins futurs : jusqu’à sept unités sont planifiées, avec une ambition d’ancrage jusqu’à dix nouveaux porte-avions.

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