Depuis la fin janvier 2026, l’activité militaire turque en Somalie attire tous les regards. La présence de trois F-16 turcs à l’aéroport de Mogadiscio a été confirmée par le média Middle East Eye, ce qui montre l’engagement stratégique d’Ankara loin de ses frontières. Cette annonce éclaire d’un autre angle l’influence géopolitique grandissante de la Turquie au-delà de ses zones habituelles.
Déploiement militaire : les objectifs d’Ankara
La Turquie, membre depuis 1954 de l’Otan, dispose d’environ 300 F-16 de quatrième génération. Ce parc lui donne un accès privilégié à une flotte composée exclusivement d’avions de combat américains, illustrant la solidité de ce partenariat militaire historique. On le sait, les relations d’Ankara avec les États occidentaux peuvent parfois être tendues, mais la Turquie n’a jamais abandonné son lien avec l’Otan, malgré les tensions autour du programme F-35.
Le choix de Mogadiscio, capitale de la Somalie, comme point central de ce déploiement renforce le partenariat entre les deux pays. Bloomberg voit ce mouvement comme un complément au soutien militaire turc contre le groupe islamiste armé al-Shabaab (souvent appelé « shebabs »). Cette coopération intervient alors qu’Ankara projette de construire une plateforme pétrolière et une base spatiale en Somalie, des projets qui demandent des mesures de sécurité renforcées.
Turquie et Qatar : des liens militaires qui se consolident
Depuis les années 2010, la Turquie tient une base militaire au Qatar, allié stratégique dans le Golfe. Lors du blocus imposé au Qatar en 2017, la Turquie a renforcé sa présence sur place. Avec la fin des tensions en 2021, des F-16 turcs y ont été stationnés et effectuent régulièrement des vols, étendant ainsi le rayon d’action d’Ankara dans la région.
Un accord signé à la fin de 2025 prévoit de remplacer ces F-16 par des Eurofighters, dans le cadre d’un accord de défense de 9,2 milliards d’euros. Pour accélérer le processus, le Qatar a promis de fournir à la Turquie quelques Eurofighters d’occasion dès cette année, anticipant de quatre ans la livraison des appareils neufs commandés auprès des constructeurs européens.








