La Turquie et le Royaume-Uni ont signé récemment un accord de défense sans précédent, marquant un tournant dans leurs liens stratégiques. Pour 9,2 milliards d’euros, la Turquie va commander 20 jets Eurofighter Typhoon. Ce contrat renforce leur coopération en matière de défense et booste l’économie britannique. Les deux pays cherchent à solidifier leur alliance au sein de l’OTAN, dans un climat international assez animé.
Un partenariat qui se resserre entre Ankara et Londres
L’accord a été conclu lors de la première visite du Premier ministre britannique Keir Starmer à Ankara. Il a expliqué que les deux nations sont désormais « des partenaires solides, qui travaillent plus étroitement ensemble aujourd’hui que jamais ». Il a aussi affirmé que cette opération « renforcera la sécurité dans l’ensemble de l’OTAN », tout en créant 20 000 emplois sur le sol britannique grâce à cette commande d’envergure. De son côté, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a parlé de cet accord comme d’un « nouveau symbole de la relation stratégique » entre les deux pays, rapporte Euronews.
Les Eurofighters, conçus par un consortium rassemblant le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne sous la houlette de BAE Systems, verront leurs premières livraisons débuter en 2030. Il s’agit de la première commande turque de Typhoons britanniques depuis 2017, et cela ouvre la porte à d’éventuelles ventes futures.
La politique et la diplomatie sur le fil du rasoir
Cette signature d’accord n’a pas fait l’unanimité. Au début, Berlin s’opposait à cette vente en raison du soutien turc au Hamas. Néanmoins, le chancelier allemand Friedrich Merz a abandonné son veto en juillet, ce qui a permis de finaliser le contrat. Merz doit d’ailleurs se rendre prochainement à Ankara pour continuer les discussions bilatérales.
Pendant ce temps, des remous politiques secouent la Turquie avec les nouvelles accusations d’espionnage portées contre le maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu. Ces événements ont provoqué des critiques du Parti républicain du peuple (CHP), qui déplore le peu de soutien des gouvernements européens face à ce qu’ils considèrent comme une répression politique.
Le Royaume-Uni n’est pas resté les bras croisés. Tom Wells, porte-parole de Keir Starmer, a rappelé que Londres attend de la Turquie qu’elle respecte ses engagements internationaux et l’État de droit. Il a ajouté que le partenariat économique n’empêche pas d’avoir un dialogue ouvert sur les désaccords.
Modernisation de la flotte et ambitions de la Turquie
Pour Ankara, cette commande fait partie d’un plan plus vaste visant à moderniser sa flotte aérienne. Acheter des Eurofighters est vu comme une solution transitoire avant le développement complet des avions de chasse Kaan, qui devrait être opérationnel dès 2028. Par ailleurs, la Turquie cherche à revenir dans le programme F-35 américain après l’exclusion de la Turquie en 2019 suite à l’achat des systèmes S-400 russes.
Du côté des options supplémentaires, Recep Tayyip Erdoğan étudie la possibilité d’acheter des Typhoons d’occasion auprès du Qatar et d’Oman, prévoyant d’acquérir 12 avions chacun dans ces pays.








