La Lituanie, en Europe de l’Est, se trouve dans une situation tendue face à la menace russe. Pour mieux se protéger, le pays a décidé de signer un prêt de 461 millions d’euros pour acquérir 44 chars allemands Leopard 2A8. C’est une première pour la nation qui n’avait jamais possédé de bataillon de chars lourds occidentaux.
Un accord marquant
En décembre 2024, la Lituanie a officialisé l’achat de ces Leopard 2A8, avec les premières livraisons prévues avant 2030. L’objectif est de faciliter la coopération avec l’brigade allemande, qui envisage de stationner en permanence une brigade sur le sol lituanien. En janvier, le Conseil national de sécurité lituanien a opté pour ce modèle après avoir examiné d’autres options comme le M1A2 Abrams américain et le chars K2 Panther sud-coréen.
La ministre de la Défense, Dovilė Šakalienė, a qualifié cet accord de « plus gros de l’histoire de la Lituanie » et a insisté sur l’amélioration des forces armées et le renforcement de la sécurité régionale. Cet achat se fait via une commande groupée avec Berlin, ce qui simplifie son intégration et permet d’organiser plus facilement des exercices communs avec d’autres pays utilisant le « club Leopard ».
Des Leopard toujours plus performants
Les Leopard 2A8 bénéficient d’un blindage de nouvelle génération capable d’encaisser les impacts et intègrent un fond renforcé pour réduire les dégâts causés par les mines. Ils disposent du système EuroTrophy, conçu pour détecter et neutraliser les missiles antichars. Une combinaison de capteurs infrarouges et optiques offre une vision panoramique à 360 degrés, et leur canon de 120 mm peut percer jusqu’à 600 mm de blindage à plus de 2 000 mètres.
Ces caractéristiques techniques font des Leopard 2A8 un véritable atout pour la défense nationale, notamment dans une zone aussi proche de Kaliningrad et de la Biélorussie.
Une riposte régionale à la menace russe
Depuis l’invasion russe en Ukraine en 2022, les pays baltes ont revu leur stratégie militaire. La Lituanie ne fait pas cavalier seul : l’Estonie a opté pour des canons K9 Thunder sud-coréens, la Lettonie modernise ses blindés et la Finlande accélère la livraison de matériel lourd. L’Europe de l’Est se transforme ainsi en rempart de l’OTAN, face à une Russie qui, malgré des performances parfois discutables, produit environ 100 unités par mois.
De plus, la stratégie défensive lituanienne comprend le stockage de munitions, l’installation de simulateurs et la mobilisation des réservistes pour préparer au mieux ses lignes défensives.
Conséquences politiques et militaires
Le récent changement de gouvernement en Lituanie n’a pas fait fléchir ce projet ambitieux. Même après la victoire du centre-gauche aux élections législatives d’octobre, la quasi-totalité des partis parlementaires soutiennent l’augmentation des dépenses militaires depuis février 2022, à l’exception notable de l’Union lituanienne agraire et des verts.
Parallèlement, Vilnius continue de signer d’autres contrats importants : acquisition de munitions téléopérées Switchblade 600, achat de dix-huit CAESAr (camions équipés d’un système d’artillerie), huit lance-roquettes multiples M142 HIMARS et vingt-sept véhicules ARTEC Boxer supplémentaires, contribuant à la modernisation de la flotte.








