Annoncé en 2023 et officiellement lancé par la DGA en 2024, le Rafale F5 représente une évolution décisive de l’avion de combat multi rôle développé par Dassault Aviation. Véritable synthèse de vingt ans d’expérience opérationnelle et de prospective technologique, ce standard ambitionne de maintenir la supériorité de l’Armée de l’air et de l’espace face à des menaces en mutation rapide.
Mais que vaut réellement ce « Super Rafale » ? Comment se compare-t-il aux chasseurs de cinquième et sixième génération en développement ou déjà opérationnels, tels que le F-35 américain, le Su-57 russe ou encore le J-20 chinois ? Analyse.

Radar RBE2-XG : quand la guerre devient une question de spectre
Le RBE2-XG est une évolution du radar AESA (antenne active à balayage électronique) actuellement embarqué sur les Rafale F3-R. Il repose sur le nitrure de gallium (GaN), un semi-conducteur beaucoup plus performant que l’arséniure de gallium utilisé jusqu’ici. Le GaN offre une meilleure dissipation thermique, une puissance accrue et une compacité qui permet d’ajouter plus de modules radar.
Ce radar permettra :
- une détection à longue portée accrue, y compris contre des cibles furtives,
- une meilleure résilience au brouillage (grâce à l’agilité fréquentielle),
- et une capacité multitâche : détection, poursuite, cartographie, suivi de terrain.
Comparaison :
- Le F-35 emporte un radar AN/APG-81 (GaN), extrêmement performant, mais ses algorithmes sont verrouillés par les États-Unis.
- Le Su-57 dispose d’un radar AESA N036 Byelka, qui reste théorique dans ses performances.
- Le J-20 chinois utilise également un radar AESA, mais peu d’éléments vérifiables existent sur sa maturité.
Avantage Rafale F5 : radar souverain, à très haut potentiel, adaptable, capable de travailler en réseau dans le « combat cloud ».
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SPECTRA F5 : comment le Rafale F5 va survivre dans un monde électromagnétique saturé
Le système de guerre électronique SPECTRA (Système de Protection et d’Évitement des Conduites de Tir du Rafale) a fait ses preuves. Dans sa version F5, il sera entièrement repensé pour détecter et brouiller une large gamme de menaces (radars terrestres, missiles guidés, brouilleurs adverses, etc.).
Nouveautés attendues :
- amélioration du brouillage actif,
- capteurs plus sensibles,
- traitement de signaux via IA embarquée,
- leurres électromagnétiques à distance.
Comparaison :
- Le F-35 intègre un système EW extrêmement intégré (AN/ASQ-239), mais avec moins de modularité.
- Le Typhoon européen utilise DASS Praetorian, moins avancé que SPECTRA.
- Le Su-57 dispose de L402 Himalaya, mais sa fiabilité est sujette à caution.
Avantage Rafale F5 : excellent compromis entre intégration, modularité et mise à jour souveraine, dans un contexte européen.
Propulsion M88-4+ : moderniser sans surenchère
La motorisation du Rafale évoluera vers une version « 4+ » du réacteur Snecma M88. Objectif : gagner de la poussée (10 à 15 %), améliorer le rendement à pleine charge et réduire la signature thermique (infra-rouge) — essentielle face aux missiles IR.
Le Rafale ne deviendra pas un avion « super-croiseur » (comme le F-22), mais pourra prolonger des phases de vol supersonique à charge moyenne, tout en réduisant sa consommation et sa traçabilité thermique.
Comparaison :
- F-35 : moteur F135 très puissant (195 kN), mais sur une cellule lourde et peu manœuvrante.
- Su-57 : moteur Izdeliye 30 encore en développement.
- Typhoon : EJ200 très agile, mais sans furtivité thermique significative.
Avantage Rafale F5 : motorisation discrète, fiable, et en amélioration continue, avec un bon ratio puissance/poids.
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Collaboration avec des drones : l’ère du combat distribué
Le Rafale F5 sera le premier avion français conçu dès l’origine pour opérer avec des UCAV (« loyal wingmen »). Ces drones, issus d’une nouvelle génération du démonstrateur nEUROn, agiront comme :
- éclaireurs radar,
- brouilleurs avancés,
- plateformes de lancement de missiles,
- diversions.
Ce concept d’essaim piloté est déjà à l’étude aux États-Unis (Skyborg), en Chine (GJ-11), en Russie (Okhotnik) et en Europe via SCAF.
Avantage Rafale F5 : solution souveraine, modulaire, avec une logique d’essaimage coordonné.
Dissuasion nucléaire : entrée dans l’hypersonique
Le missile ASN4G remplacera l’ASMP-A à bord des Rafale F5 affectés à la mission nucléaire. Ce missile aérobie (probablement scramjet) atteindra des vitesses hypersoniques (Mach 5 à 8), avec une portée accrue (>1000 km), capable de pénétrer les défenses anti-missiles avancées.
Comparaison :
- Seuls les États-Unis, la Russie et la Chine développent des armes hypersoniques opérationnelles.
- Le F-35 n’est pas conçu pour emporter de telles armes (sauf dans des versions modifiées type B61).
- Le Su-57 pourrait emporter le Kinzhal, missile plus proche d’un Iskander aéroporté que d’un ASN4G.
Avantage Rafale F5 : porteur de la future dissuasion aéroportée française dans un cadre autonome.
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Connectivité, cockpit, cloud : un avion dans la matrice
Le F5 s’intégrera à un cloud de combat avec une capacité de traitement en réseau : échanges sécurisés avec drones, satellites, autres chasseurs, frégates et centres de commandement.
Le cockpit sera retravaillé :
- fusion de données centralisée,
- système de visée casque de nouvelle génération,
- affichages augmentés.
Comparaison :
- Le F-35 est conçu pour la guerre réseau, mais très fermé (verrouillé par Lockheed).
- Le Typhoon peine à s’adapter au cloud, hors Royaume-Uni.
- Le J-20 est à jour sur le papier, mais la réalité reste opaque.
Avantage Rafale F5 : moins avancé que le F-35 en interopérabilité OTAN, mais plus libre et évolutif côté doctrine française.
Rafale F5 : un chasseur polyvalent, optimisé pour la souveraineté
Le Rafale F5 ne sera pas un chasseur de 6e génération à proprement parler. Il ne sera pas furtif comme un F-35, ni hypersonique par lui-même. Mais il s’en approche à bien des égards par sa modularité, sa connectivité et sa capacité à opérer dans un système de systèmes.
Ce qui fait sa force :
- la souveraineté complète sur tous ses composants,
- la capacité à se mettre à jour en continu,
- la compatibilité avec les doctrines françaises de projection nucléaire et de guerre expéditionnaire.
Alors que le SCAF européen n’est attendu qu’à l’horizon 2040-2045, le Rafale F5 garantira l’autonomie stratégique de la France pour les deux prochaines décennies.









Question: Et si l’OTAN avait riposté à Poutine en annonçant des manoeuvres militaires eux aussi en Pologne, Poutine aurait t’il fait les siennes comme annoncées et ainsi sauver la face? C’était évident qu’il testait l’OTAN.
Du Québec
Pourvu qu’il n’ait pas à faire face à un Jxx chinois…