Pendant que les États-Unis injectent des milliards dans leur programme NGAD et que les Européens pataugent dans les querelles d’ego autour du SCAF, la France poursuit son chemin, discrètement mais sûrement. À coups d’améliorations successives, le Rafale a su se rendre incontournable sur les théâtres d’opérations comme sur les salons internationaux. Mais avec l’arrivée du standard F5, prévue pour 2030, un cap est franchi. Une bascule. Celle qui fait dire à certains experts que le Rafale, sans changer de nom, change de génération.
Alors, posons la question franchement : le Rafale F5 est-il un chasseur de génération 4.5, ou déjà un 6G qui s’ignore ? Une chose est sûre : le « Super Rafale » de Dassault n’a plus grand-chose à envier aux promesses des projets futuristes. Et pour cause : il les anticipe.

Le cerveau du Super Rafale, c’est le réseau
Ce n’est ni son allure ni sa silhouette qui font basculer le Rafale F5 dans une autre ère. C’est ce qu’il a dans le ventre. Et surtout dans la tête. L’avion va bénéficier d’une refonte complète de son système de combat, avec une intelligence artificielle embarquée, un traitement de données massif à bord, une fusion temps réel des capteurs, et surtout une capacité à agir en réseau avec d’autres plateformes habitées ou non.
Dit autrement, le Rafale F5 ne se bat plus comme un avion. Il se bat comme un système de guerre connecté, capable de prendre l’initiative, d’orienter les tirs des autres, voire de coordonner une mini-flotte de drones. Ce principe, le « combat collaboratif », est l’un des piliers de la 6e génération. Et Dassault l’intègre dans un avion qui vole déjà.
Cerise sur le gâteau : la France développe aussi son propre « cloud de combat » souverain, pour garantir la cohérence et la sécurité de ces échanges en environnement contesté. Pas besoin d’attendre le SCAF : ce futur-là arrive avec le F5.
L’IA arrive à bord, mais ne prend pas les commandes
On l’a dit : le Rafale F5 embarquera une intelligence artificielle, non pas pour remplacer le pilote, mais pour le seconder, l’assister, le soulager. Analyse de la situation tactique, détection automatique de menaces, priorisation des cibles, gestion des systèmes d’arme et des capteurs : autant de tâches que l’IA pourra automatiser ou anticiper. Une première dans l’armée de l’air française.
Mais surtout, le F5 est conçu dès le départ pour opérer avec des drones, notamment une version militarisée du Neuron. L’idée ? Créer un duo complémentaire : le Rafale pense, le Neuron frappe. Le Rafale éclaire, le Neuron attire les missiles. Le Rafale observe, le Neuron transmet. C’est exactement ce que fait le F-35 avec ses loyal wingmen. Sauf qu’ici, c’est plus économique, plus souple, plus français.
Nouveau moteur : le projet T-Rex change la donne
Un avion ne vaut pas mieux que son moteur. C’est là qu’intervient T-Rex. Derrière ce nom de code : un nouveau moteur conçu par Safran. Plus compact, plus puissant, calibré pour répondre aux besoins énergétiques du F5 qui va embarquer toujours plus d’électronique, de brouilleurs, de calculateurs…
Ce moteur offrira aussi un meilleur rendement, une capacité de super-croisière à plus long terme, et une gestion thermique améliorée. Là encore, c’est l’un des critères clés de la 6G : l’autonomie énergétique. Le chasseur du futur ne doit pas seulement voler vite. Il doit alimenter un arsenal électronique sans se faire repérer. Pari en cours.
Le projet M88 T-Rex a été confirmé : Safran a dévoilé le nouveau moteur surpuissant pour le Super Rafale le 17 juin 2025 lors de la deuxième journée du salon du Bourget Paris Air Show 2025. Safran promet une poussée exceptionnelle pour l’avion de chez Dassault avec une poussée post-combustion de 9 tonnes — soit une augmentation de 20 % par rapport à la version standard.
Pas furtif ? Pas grave : il sera discret quand il faut
Certains objecteront : “Mais le Rafale n’est pas furtif”. C’est vrai, dans sa cellule. Mais la furtivité moderne ne passe plus uniquement par des formes anguleuses. Elle passe par l’intelligence électronique. Et sur ce plan, le Rafale F5 sera une forteresse discrète :
- Pod de guerre électronique nouvelle génération
- Missiles MICA NG adaptés à l’emport discret
- Réduction de signature radar et thermique
- Brouillage intelligent selon la situation
Le F5 n’est pas un F-117. Mais il sera invisible quand il faut, et visible quand il le décide. Un équilibre qui correspond à la doctrine française, axée sur la souplesse et la résilience.
À lire aussi :
Un calendrier crédible, des promesses tenues
Là où le NGAD américain explose les coûts, où le Tempest/SCAF européen s’embourbe dans la gouvernance, le Rafale F5 est une feuille de route solide.
Dassault ne promet pas un avion pour 2045. Livré en 2030, pas plus, dérivé d’un avion déjà en service, fiable, certifié, maintenu. Un Rafale F5 sortira des lignes de Mérignac avec 80 % d’éléments nouveaux par rapport à un Rafale F3R… mais sans réinventer la roue.
Et à l’export ? Le Super Rafale peut-il supplanter ses adversaires ?
Inde, Égypte, Indonésie, Émirats, Grèce, Brésil, Serbie… la liste des pays séduits par le Rafale ne cesse de s’allonger. Et avec le F5, l’avantage s’amplifie. Le Super Rafale arrive entre deux générations. Il comble un vide. Là où les autres attendent le SCAF ou le NGAD, lui sera déjà prêt. Et opérationnel.
C’est bien là sa force : livrable, maîtrisé, soutenu. Et redoutablement pertinent pour des pays qui ne veulent pas attendre 2045 pour moderniser leur flotte.
Qui d’autre peut proposer en 2030 un avion capable de mener un raid autonome, connecté, assisté par IA, commandant une escadrille de drones, tout en restant accessible financièrement ? Aucun. Sauf peut-être la Chine. Et encore.
Le Super Rafale, l’arme du présent avec la logique du futur
Non, le Rafale F5 ne sera pas officiellement un chasseur de 6e génération. Sa cellule, malgré ses améliorations, ne correspond pas aux standards du tout-furtif. Il n’est pas modulaire dans sa structure, et il ne sort pas d’un programme SCAF.
Mais oui, le Rafale F5 incarne déjà 80 % de la 6e génération. Il anticipe ses codes, en exploite les doctrines, et les rend opérationnels bien avant les autres !
Et surtout : il sera prêt quand les autres seront encore à l’état de maquette, fut-elle numérique.
La France, une fois encore, prouve qu’elle sait faire plus vite, plus malin, plus stratégique. Le Super Rafale, c’est peut-être le dernier chasseur piloté de l’histoire. Mais quel final !
Au passage, pour ceux qui ont vu décoller et atterrir des Super Etendard comme moi petit garçon en bout de piste à Toulon, le clin d’œil d’un éventuel Super Rafale, si ce nom lui est donné, à son illustre ancêtre le Super Etendard, fait chaud au cœur…
À lire aussi :








