Le 4 juin, l’Armée de l’Air et de l’Espace française a mené une opération qui a fait le tour du monde. Réalisée au-dessus de la mer Noire, cette mission n’a pas seulement mis en avant ses moyens techniques, elle a aussi porté un message fort qui a fait du bruit bien au-delà de l’Europe. Dans une période marquée par des tensions géopolitiques, ce vol rappelle le rôle stratégique et diplomatique joué par nos forces aériennes.
Des appareils qui en imposent
Cette opération a réuni plusieurs appareils de haute technologie : un ravitailleur A330 MRTT Phénix, un avion de guet aérien E-3F Sentry et deux chasseurs Mirage 2000-5F, ces derniers venant de Luxeuil, en Haute-Saône. Chacun avait sa mission bien définie dans le cadre de ces vols réguliers en zones de libre circulation. Par exemple, le Mirage 2000-5F assurait la protection du Sentry, équipé d’un radar AN/APY-2 qui peut détecter des objets à une distance allant jusqu’à 520 km en haute altitude.
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Un vol aux symboles forts
Un moment marquant de l’opération fut l’imprévu réalisé par l’un des Mirage 2000-5F. Sa trajectoire dans le ciel a dessiné un trident, symbole national de l’Ukraine. Ce tracé a été repéré non seulement par les radars russes, mais aussi suivi en direct sur divers sites de live tracking. L’armée ukrainienne a salué ce geste, le percevant comme un signe de soutien et de solidarité. Comme l’a expliqué l’Armée de l’Air et de l’Espace française : « La manœuvre a été visible aux yeux d’un grand public et c’était bien l’effet recherché. »
La donne politique qui se fait sentir
Ce vol symbolique intervient peu de temps après un entretien entre François Bayrou, Premier ministre français, et Denys Chmyhal, son homologue ukrainien. Lors de cette rencontre, François Bayrou a confirmé l’engagement ferme de la France en faveur de l’Ukraine. Ce rendez-vous politique accentue la portée du message porté par le vol au-dessus de la mer Noire.
Une surveillance et une sécurité au top
Les patrouilles régulières de l’Armée de l’Air et de l’Espace en mer Noire permettent de suivre de près les mouvements russes autour de cette zone stratégique, dans un contexte de tensions accrues. Grâce à sa suite ESM (Electronic Support Measure, qui permet de repérer et d’identifier les radars ennemis), le Sentry recueille des informations précises sur l’activité russe en Crimée. Son radar avancé offre une couverture si étendue qu’il peut, depuis la Roumanie, détecter des avions russes à haute altitude sur plus des deux-tiers de la Crimée. Après environ huit heures dans les airs, le Sentry a terminé sa mission en survolant Lyon lors de son retour en France.








