Depuis la mi-juin, un avion de chasse F-35B britannique se trouve cloué en Inde, alimentant les questions sur la sécurité et sur ce que ça peut signifier au niveau des relations diplomatiques. L’affaire met en avant les galères techniques et logistiques que rencontrent aujourd’hui les forces aériennes. Tout a commencé quand l’appareil n’a pas pu rejoindre le HMS Prince of Wales (le porte-avions de la Royal Navy) après un atterrissage d’urgence à l’aéroport international de Thiruvananthapuram.
Atterrissage d’urgence et pépins techniques
Le 14 juin à 21h30, l’avion était en vol de routine depuis le HMS Prince of Wales quand il a dû toucher terre en urgence à Thiruvananthapuram, rappelant un accident dramatique survenu en Alaska. Entre une météo capricieuse et une panne hydraulique suspectée, l’atterrissage s’est imposé. L’aéroport de Thiruvananthapuram, prévu pour servir de solution de repli aux avions britanniques dans la région, a accueilli le F-35B sans encombre.
Malgré un atterrissage qui s’est déroulé dans l’ordre, l’appareil n’a pas pu repartir vers le porte-avions à cause d’un souci technique obstiné. Les ingénieurs du HMS Prince of Wales ont essayé de régler le problème sur place, mais sans succès. Même une équipe de maintenance envoyée depuis le navire s’est retrouvée face à des difficultés techniques qui n’ont pas pu être surmontées sur le moment.
Démarches pour sécuriser et réparer l’avion
Face à cette situation compliquée, le Royaume-Uni a opté pour le transfert de l’avion vers le centre de maintenance, de réparation et de révision installé à l’aéroport. Ce transfert se fera dès que les équipes d’ingénieurs britanniques arriveront avec leur matos spécialisé. En attendant, l’avion, valorisé à 80 millions de livres sterling (soit un peu plus de 90 000 euros), est sous haute surveillance. Six officiers de la Royal Air Force ainsi qu’une unité de la Central Industrial Security Force (CISF) veillent sur lui 24 heures sur 24.
Les autorités indiennes n’ont pas chômé non plus dans cette affaire. La Force aérienne indienne (IAF) a piloté l’atterrissage non prévu grâce à son réseau radar IACCS. Après l’atterrissage, le pilote a été temporairement posté dans la zone de contrôle pour garder un œil sur l’appareil, jusqu’à l’arrivée d’autres membres du personnel naval.
Réactions politiques et sur le net
L’incident a rapidement fait réagir la classe politique au Royaume-Uni, reflétant des tensions aériennes similaires observées ailleurs. L’opposition conservatrice a exigé des explications au gouvernement, avec Ben Obese-Jecty demandant notamment : « Quelles mesures le gouvernement prend-il pour récupérer l’avion, combien de temps cela va-t-il prendre encore et comment va-t-il sécuriser les technologies protégées à bord ? »
De son côté, Luke Pollard, ministre des forces armées britanniques, a assuré que « l’avion reste sous contrôle étroit du Royaume-Uni puisque l’équipage de la Royal Air Force est constamment aux côtés de l’appareil ». Le Haut-Commissariat britannique a ajouté que la préparation pour transférer l’avion vers un hangar était déjà en cours.
Sur les réseaux sociaux, l’histoire a fait le buzz. Des photos montrant le F-35B sur le tarmac sous la pluie ont enflammé les discussions, mêlant moqueries et humour. Le département du tourisme du Kerala a même profité de la situation pour promouvoir la région, en diffusant une image générée par IA incluant le F-35, avec un clin d’œil à leur campagne jugée « innovante » par Biju K., le secrétaire au Tourisme du Kerala.
Conséquences possibles et inquiétudes sécuritaires
Si les réparations sur place ne se font pas à la vitesse grand V, l’option envisagée est de transporter l’avion par avion cargo militaire pour le rapatrier au Royaume-Uni. Ce souci rappelle l’incident de 2021 où un autre F-35 s’était écrasé en mer Méditerranée, soulignant les défis des performances militaires.








