Les eaux du Pacifique Sud voient depuis peu une montée du narcotrafic mondial. Au cours des 18 derniers mois, la région s’est transformée en couloir pour des sous-marins construits pour transporter discrètement des drogues. Des États insulaires comme les Solomon Islands et les Marshall Islands sont devenus des points chauds de cette activité, montrant comment ces nations se retrouvent prises entre l’Amérique du Sud et des marchés très lucratifs comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
Comment on découvre ces narco-submersibles
Depuis août 2024, une série de sous-marins transportant des drogues ont été repérés dans le Pacifique Sud. Selon ABC News, quatre ont été retrouvés dans les Solomon Islands, et les Marshall Islands ont confirmé l’échouage de deux de ces engins.
Les cas récents incluent un narco-sub échoué dans la province de Makira, au sud-est des Solomon Islands, en décembre dernier, ainsi que des découvertes à Arno Atoll (dans les Marshall Islands). Seule une de ces embarcations a été saisie avec de la drogue à bord, lors d’une intervention du US Coast Guard avec des membres d’équipage originaires de l’Équateur.
Saisies de cocaïne et chiffres financiers
Les forces de l’ordre de la région ont réalisé des saisies importantes pendant cette crise. En French Polynesia, plus de 11,5 tonnes de cocaïne ont été saisies récemment, pour une valeur estimée à 3,13 milliards d’euros. Aux Fidji, 2,6 tonnes supplémentaires ont été récupérées, évaluées à 717,6 millions d’euros.
Ces cargaisons semblaient destinées au marché australien ou néo-zélandais. Pour de petites nations insulaires, les conséquences financières sont énormes : les frais d’interception et de gestion des preuves dépassent souvent leurs moyens, poussant certains pays à relâcher des trafiquants perturbateurs.
La pression sur les lois et les ressources
La montée du narcotrafic met à rude épreuve les systèmes judiciaires et policiers des petits États du Pacifique. Par exemple, les Solomon Islands n’ont pas la législation adaptée pour traiter des affaires de méthamphétamines, et seules deux des quatre investigations sur les narco-subs ont obtenu des financements.
En French Polynesia, les autorités manquent parfois de moyens pour mener des poursuites complètes, ce qui les oblige parfois à libérer des suspects. Le Professor Alexander Gillespie de l’University of Waikato avertit que la situation va empirer, favorisant une hausse de la corruption et de la criminalité.








