L’Ukraine ouvre deux concours de financement pour développer des radars nationaux et des missiles air-air pouvant notamment être lancés depuis des drones. Kyiv cherche à rendre l’interception des menaces aériennes plus abordable, avec des candidatures attendues jusqu’au 5 novembre.
Le 30 octobre 2026, le ministère ukrainien de la Défense, celui de la Transformation numérique et le pôle d’innovation militaire Brave1 ont annoncé des appels à projets consacrés à deux capacités de défense aérienne : les missiles guidés air-air et les radars de conception ukrainienne. Selon l’annonce officielle de Brave1, les fabricants peuvent solliciter jusqu’à 75 millions de hryvnias pour un projet de missile et jusqu’à 100 millions pour un projet de radar.
Ces montants constituent des plafonds de subvention par projet, et non des contrats d’achat déjà attribués. L’objectif affiché est de développer des équipements capables de répondre à l’évolution des attaques aériennes russes, notamment à l’emploi de drones rapides à réaction.
Des missiles lancés par drones pour réduire le coût des interceptions
Le programme vise des missiles air-air guidés, dont certains pourraient être tirés depuis des appareils sans pilote. Cette architecture permettrait de rechercher des solutions d’interception adaptées aux drones rapides tout en évitant d’exposer un pilote. Les industriels devront toutefois démontrer l’efficacité, le coût et la possibilité de produire leurs systèmes à une échelle suffisante.
Les radars recherchés doivent, de leur côté, détecter précocement les drones à réaction et d’autres cibles aériennes. La portée et l’altitude de détection figurent parmi les critères mentionnés par Brave1. Ces capteurs doivent contribuer à une défense en plusieurs couches, où la détection et le choix du moyen d’interception comptent autant que la performance du projectile.
Dans son communiqué du 30 octobre, le ministère ukrainien de la Défense cite aussi les missiles balistiques, les missiles de croisière peu coûteux et les bombes aériennes guidées parmi les menaces auxquelles les industriels sont invités à répondre. Les concours annoncés portent précisément sur les missiles air-air et les radars ; les autres besoins relèvent d’un effort technologique plus large.
Un troisième concours sur les turboréacteurs annoncé pour novembre
Brave1 prévoit également d’ouvrir en novembre un appel à projets consacré aux turboréacteurs, avec une aide pouvant atteindre 350 millions de hryvnias par développement. Le coût de fabrication est présenté comme un critère important : disposer de moteurs produits localement et à un prix maîtrisé pourrait faciliter la fabrication en série de nouveaux systèmes aériens.
Les candidatures aux deux premiers concours passent par un module spécifique de la plateforme publique ukrainienne Prozorro. La date limite est fixée au 5 novembre à 23 h 59, selon Brave1. Les candidats doivent satisfaire à une vérification de conformité et signer un accord de confidentialité pour accéder aux spécifications détaillées.
Cette procédure doit permettre d’examiner des propositions industrielles avant toute décision de financement ou de commande. Aucun lauréat, nombre de missiles ou de radars à produire, ni calendrier de déploiement n’a été annoncé dans les communiqués consultés.
Une politique industrielle tournée vers la production en série
La ministre ukrainienne de la Transformation numérique, Oksana Ferchuk, indique que Brave1 a attribué près de 300 subventions durant les dix premiers mois de 2026, davantage que sur l’ensemble de l’année précédente. Le budget prévu pour le développement des technologies de défense via Brave1 en 2027 doit, selon elle, augmenter de 36 % par rapport à 2026.
Le programme illustre la priorité donnée par Kyiv à des solutions nationales pouvant être testées, améliorées puis produites en nombre. La prochaine étape dépendra des projets présentés par les entreprises, de leur évaluation technique et des décisions de financement.








