Le chantier Naval Group de Lorient a remis le 30 octobre 2026 à la marine hellénique la frégate HS Nearchos, deuxième bâtiment de défense et d’intervention (FDI) construit pour la Grèce. La cérémonie s’est tenue en présence de Catherine Vautrin, ministre française des Armées, et de son homologue grec Níkos Déndias. La livraison a été annoncée par le constructeur et confirmée dans les communiqués du ministère français des Armées.
Cette remise est une étape industrielle et contractuelle concrète. Elle ne doit pas être confondue avec l’annonce d’une nouvelle commande : Athènes avait déjà lancé son programme de frégates FDI, commercialisées sous le nom Belharra, en 2022, puis commandé un quatrième navire en 2025. Selon l’AFP, dans sa dépêche du 30 octobre, le Nearchos est bien le deuxième des quatre bâtiments commandés.
Trois frégates livrées en un an, si le calendrier est tenu
Le premier navire grec, le Kimon, avait été livré en décembre 2025. Dix mois plus tard, le Nearchos rejoint à son tour la marine grecque. Naval Group annonce la remise du troisième bâtiment, le HS Formion, d’ici la fin de 2026. Le respect de cette échéance permettrait de livrer trois frégates à la Grèce en un peu plus de douze mois, signe d’une accélération de la production à Lorient.
Il reste toutefois à distinguer livraison industrielle, prise en main par les équipages et pleine disponibilité opérationnelle. Une frégate remise à une marine peut encore devoir achever des étapes de préparation, d’armement, d’entraînement ou de montée en puissance. La cérémonie du 30 octobre atteste du transfert du bâtiment, non de l’achèvement de chacune de ces étapes.
Le média spécialisé Naval News indique que le Nearchos est le premier bâtiment grec livré dans une configuration dite « Standard 2 », avec des évolutions du système de combat par rapport au navire de tête. Les améliorations futures évoquées par ce média doivent être distinguées des équipements dont la réception est effectivement confirmée par le constructeur.
Un programme français avec une chaîne industrielle grecque
La livraison soutient l’activité du chantier de Lorient et celle des équipementiers associés au programme. Elle s’inscrit également dans une politique de coopération industrielle : Naval Group indique travailler avec plus de 75 entreprises grecques dans ses programmes de frégates et de sous-marins, notamment pour des cartes électroniques, des éléments de coque prééquipés et des ensembles mécaniques et électroniques.
Cette participation ne signifie pas que la frégate est construite intégralement en Grèce. Le bâtiment a été assemblé et livré à Lorient, tandis que certaines fabrications et prestations sont réparties entre partenaires des deux pays. Cette organisation vise à inscrire les contrats navals dans une relation industrielle durable, au-delà de la seule remise des navires.
La marine hellénique a également confié à Naval Group un contrat initial de soutien en service. L’entretien et les évolutions des FDI doivent associer le constructeur, sa filiale Naval Group Hellas et des partenaires industriels locaux. Le compte rendu industriel de la livraison précise ce rôle des entreprises grecques dans le maintien en condition des bâtiments.
Une modernisation navale au cœur de la coopération franco-grecque
Les FDI sont conçues pour des missions de défense aérienne, de lutte antisous-marine et de combat de surface. Leur acquisition participe à la modernisation de la flotte grecque dans une Méditerranée orientale où les enjeux de surveillance, de souveraineté et de sécurité maritime restent importants. Le partenariat de défense entre Paris et Athènes, conclu en 2021, fournit un cadre politique plus large à ces livraisons.
Pour la France, l’intérêt est double : consolider une capacité d’exportation de navires militaires complexes et maintenir une cadence industrielle qui bénéficie également au savoir-faire de la filière navale nationale. Pour la Grèce, il s’agit de renouveler progressivement des capacités de combat en mer et de préparer leur soutien sur plusieurs décennies.
La prochaine échéance vérifiable est la livraison annoncée du Formion avant la fin de 2026. La disponibilité des équipages, la configuration définitive des systèmes embarqués et la montée en puissance opérationnelle des navires détermineront ensuite les effets militaires de ce programme.








