Nigeria : deux positions militaires attaquées, l’armée annonce 48 combattants djihadistes tués

Des combattants de Boko Haram et de l’ISWAP ont attaqué deux positions de l’armée nigériane dans la nuit du 29 au 30 octobre, dans les États de Borno et de Yobe. Abuja affirme avoir repoussé les assauts et tué 48 insurgés. Ces combats illustrent la pression persistante sur les forces engagées dans le bassin du lac Tchad, où l’Union européenne renforce son soutien sécuritaire.

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Nigeria : deux positions militaires attaquées, l’armée annonce 48 combattants djihadistes tués © Armees.com

Dans la nuit du 29 au 30 octobre 2026, l’armée nigériane a fait face à deux attaques contre ses positions dans le nord-est du pays. Les assauts, attribués à Boko Haram et à la Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), ont visé Bitta, dans l’État de Borno, et une école militaire à Buni Yadi, dans l’État voisin de Yobe. Vendredi, le commandement nigérian a annoncé la mort de 48 assaillants, un bilan établi par ses propres services et non vérifié de manière indépendante.

Selon le compte rendu de Reuters publié le 30 octobre, les soldats ont bénéficié d’un appui aérien pour repousser les combattants. Le commandement fait également état d’un militaire tué et de deux blessés légers.

Une école militaire attaquée pendant plusieurs heures

À Bitta, dans la zone de Gwoza, les troupes nigérianes ont repoussé une offensive nocturne avec l’appui de moyens aériens. L’autre attaque a touché la North East Theatre Training School, à Buni Yadi. Les affrontements autour de cette installation auraient duré environ cinq heures, entre le 29 octobre au soir et les premières heures du lendemain.

Le capitaine Mohammed Goni, porte-parole par intérim de l’opération Hadin Kai, a décrit une contre-offensive combinant renseignements, surveillance, reconnaissance et moyens terrestres et aériens. D’après le quotidien nigérian Punch, qui reprend la communication de l’armée, les militaires affirment avoir récupéré 42 fusils AK-47, plusieurs mitrailleuses, un mortier de 60 mm et des milliers de cartouches. Ces quantités proviennent du bilan officiel de l’opération.

La cible de Buni Yadi mérite l’attention : il s’agit d’un centre de formation des forces engagées sur ce théâtre d’opérations. Les attaques contre des installations militaires, et pas seulement contre des localités civiles, constituent l’un des modes d’action récurrents des groupes insurgés du nord-est nigérian.

Boko Haram et l’ISWAP maintiennent la pression dans le bassin du lac Tchad

Depuis plus de quinze ans, le Nigeria affronte une insurrection qui s’est fragmentée entre Boko Haram et l’ISWAP, organisation affiliée à l’État islamique. Les deux groupes opèrent dans une région frontalière du Niger, du Tchad et du Cameroun. Leurs offensives contre les postes militaires visent notamment à désorganiser les forces de sécurité et à s’emparer d’armements.

Les combats des 29 et 30 octobre s’inscrivent dans une série d’attaques contre les positions nigérianes. Le bilan annoncé par Abuja témoigne de l’intensité des affrontements, mais ne suffit pas à établir l’évolution durable des capacités des insurgés. Les informations disponibles ne permettent pas davantage de déterminer précisément les pertes subies par chacun des groupes.

Un enjeu de sécurité suivi par l’Union européenne et la France

La situation intéresse les partenaires européens du Nigeria. Le Conseil de l’Union européenne a annoncé le 19 octobre une mesure d’assistance de 20 millions d’euros destinée aux forces armées nigérianes. Ce soutien, décidé avant les attaques de Bitta et de Buni Yadi, doit financer des capacités non létales : protection individuelle, vision nocturne, lutte contre les engins explosifs improvisés et systèmes antidrones.

Bruxelles présente cette décision comme sa première mesure bilatérale d’assistance militaire en faveur du Nigeria, qui bénéficie déjà d’un soutien européen dans le cadre de la force multinationale mixte du bassin du lac Tchad. L’annonce porte sur une assistance à fournir : elle ne précise pas de calendrier de livraison du matériel.

Pour la France, la sécurité de cette zone rejoint les enjeux plus larges de lutte contre les groupes djihadistes en Afrique de l’Ouest et de coopération avec les États qui y sont confrontés. Les combats de cette semaine rappellent la difficulté de protéger durablement les implantations militaires dans le nord-est du Nigeria, même lorsqu’elles disposent d’un appui aérien.

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