La mission scientifique de la Tara Polar Station s’inscrit à la fois dans une optique scientifique et dans une stratégie face aux défis liés aux changements climatiques.
Un projet qui en jette pour l’Arctique
L’Arctique, ce seul océan polaire sur Terre, est au centre des discussions sur le climat dans le monde entier. La Tara Polar Station a été imaginée pour résister aux conditions environnementales extrêmes – avec des températures qui chutent de -20 à -25 degrés Celsius, et parfois même jusqu’à -50 degrés. Sans oublier la nuit permanente qui dure six mois, une épreuve de taille pour l’équipage qui devra fonctionner en autonomie complète.
Le 24 avril à Lorient, lors d’un rendez-vous marquant, le célèbre astronaute Thomas Pesquet a pu admirer la station accostée près de la goélette Tara.
La technologie qui déchire pour booster la recherche
La Tara Polar Station, ce n’est pas juste un navire – c’est une véritable base scientifique flottante équipée de technologies dernier cri. On y trouve des laboratoires, des capteurs, des robots téléguidés, des sous-marins autonomes et bien d’autres instruments indispensables pour étudier les conséquences du réchauffement climatique en Arctique. Un équipement qui sort vraiment du lot, c’est sa « Moon Pool » (un accès direct à l’eau sous la glace, pratique pour les prélèvements).
Construite en seulement 18 mois par les Constructions mécaniques de Normandie à Cherbourg, la station évoque une soucoupe volante avec ses dimensions impressionnantes : 11 mètres de haut, 26 mètres de long et un poids total de 248 tonnes. Son design arrondi permet d’éviter de se faire coincer par la glace, tandis qu’un moteur « propre » fonctionnant au biocarburant lui assure une autonomie énergétique pendant 500 jours.
Les objectifs scientifiques et les défis du réchauffement
À bord, les chercheurs auront pour mission d’étudier la biodiversité arctique, alimentant ainsi des recherches sur la possibilité de vie extraterrestre, grâce notamment à un spectromètre de masse miniaturisé testé dans ces conditions extrêmes.
La mission Polaris I débutera après un hivernage au Svalbard, en Norvège, marquant le coup d’envoi d’une dérive prévue pour durer 14 mois, avec une vitesse estimée à 10 kilomètres par jour. Ce projet s’inscrit dans la Stratégie polaire française à l’horizon 2030.








