Dernièrement, au large de la côte antarctique, on a mis au jour un écosystème marin vraiment surprenant niché sous un iceberg de 19 km. Cette trouvaille inattendue nous fait voir autrement la biodiversité des écosystèmes sous-glaciaires tout en ouvrant des pistes pour mieux comprendre comment fonctionnent ces milieux maritimes en transformation.
Une expédition scientifique qui sort de l’ordinaire
C’est à bord du navire « Falkor (too) » que des chercheurs ont découvert ce phénomène étonnant. L’iceberg, détaché de la banquise début de l’année, a offert une opportunité en or à l’équipe d’explorateurs financée par le Schmidt Ocean Institute. À la barre de cette expédition, on retrouvait Patricia Esquete, chercheuse à l’Université d’Aveiro, au Portugal. Face à cette chance unique, ils ont revu leurs plans pour plonger littéralement sous ce bloc de glace imposant.
Patricia Esquete s’est déclarée bluffée par la richesse de la vie observée : « Nous ne nous attendions pas à trouver un écosystème aussi beau et florissant. »
Une biodiversité insoupçonnée
Sous cet iceberg se cachait une diversité d’espèces vraiment relative. Les scientifiques ont repéré des dizaines de nouvelles espèces potentielles, confirmant que les fonds marins antarctiques recèlent bien encore de mystères. On y trouve divers crustacés, pieuvres, escargots de mer, vers et poissons. Une photo parlante montre une « méduse casque » aux tentacules déployés, offrant un spectacle visuel étonnant.
Ces organismes pourraient bien vivre là depuis des décennies, voire des siècles.
Un climat qui inquiète
L’iceberg exploré provient de la plateforme de glace George VI, une zone particulièrement touchée par le changement climatique (du fait de l’activité humaine), qui fait fondre glaciers et banquises. Alison Banwell a rappelé que cette plateforme abrite le plus grand volume de glace terrestre de la péninsule antarctique.
Si jamais cette plateforme se fragilise complètement, on pourrait assister à un écoulement plus rapide de la glace dans l’océan, ce qui ferait monter notablement l’élévation du niveau de la mer. Une telle évolution aurait des conséquences terribles sur les zones côtières et les populations vivant en bord de mer.








