Au moins cinq personnes ont été tuées, dont un enfant, et 23 autres blessées lundi 20 juillet dans une attaque de drone ukrainien qui a visé un autocar circulant à Chebekino, dans la région russe de Belgorod, confirme le journal Sud Ouest. Trois des blessés, dont un adolescent, se trouvent dans un état extrêmement grave, selon les autorités russes.
Le gouverneur régional, Alexandre Choumaïev, a évoqué sur Telegram « cinq civils innocents, dont un mineur » ayant « perdu la vie à la suite de cette attaque inhumaine et ignoble ». Il assure que le véhicule, qui transportait des passagers selon lui, a été visé « délibérément et cyniquement ».
Kiev et Moscou s’échangent des frappes meurtrières
Plus de quatre ans après le début de l’offensive russe à grande échelle, les frappes des deux côtés du front montent en puissance et continuent de faire des victimes civiles. Lundi, plusieurs tirs russes ont fait au moins cinq morts et une trentaine de blessés en Ukraine.
- À Pavlograd, dans la région de Dnipropetrovsk, deux personnes ont été tuées et 15 blessées.
- À Zaporijjia, une frappe a fait un mort et neuf blessés.
- Kramatorsk, dans la région de Donetsk, l’une des deux dernières villes d’importance encore sous contrôle ukrainien, déplore deux morts et quatre blessés.
- Sept personnes ont aussi été blessées à Kherson, selon l’administration régionale.
Le même soir, un drone russe a tué trois personnes dans un quartier résidentiel de Soumy, une femme et deux enfants ont été blessés, selon le gouverneur Oleh Hrihorov, qui évoque l’utilisation d’un « drone à réaction ». À Odessa, une frappe contre une entreprise a fait trois morts et quatre blessés, précise Oleh Kiper, chef de l’administration régionale, qui signale un incendie de matériel et une conduite de gaz endommagée.
Quatre Indiens tués près d’Odessa, un cargo turc visé
Le navire de commerce MV Golden Leo a été attaqué en quittant le port d’Odessa : quatre ressortissants indiens ont été tués et un cinquième très grièvement blessé, selon le ministère indien des Affaires étrangères. Le bâtiment comptait cinq Indiens parmi un équipage de 17 personnes, rapporte le 20 Minutes.
Un autre navire a été touché par trois missiles de croisière après avoir quitté le même port, dimanche soir, alors qu’il transportait des céréales. Le bilan, d’abord fixé à six marins tués, est passé à 10 morts selon l’administration des ports maritimes d’Ukraine ; huit membres d’équipage ont été secourus. L’attaque a suivi une nuit de bombardements sur Kyiv, visée par une vingtaine de missiles balistiques.
Côté russe, plus de 400 drones ukrainiens ont visé la région de Moscou dans la nuit, selon le maire de la capitale, Sergueï Sobianine. « La plupart ont été neutralisés par les forces de défense aérienne alors qu’ils se trouvaient encore loin de la ville. Quatre-vingt-cinq drones ont été détruits à l’approche de Moscou », a-t-il écrit sur Telegram.
Une attaque a provoqué un incendie sur le site industriel Ioujnyïe vrata, à 30 km au sud de Moscou, près de Domodedovo ; des habitations et des infrastructures civiles ont aussi été endommagées à Podolsk et Odintsovo.
Le commandant en chef ukrainien rompt le silence
Oleksandr Syrsky, commandant en chef des forces armées ukrainiennes, est critiqué depuis le limogeage, la semaine précédente, du très populaire ex-ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov. Ce renvoi a provoqué d’importantes manifestations, certaines voix réclamant désormais le départ de Syrsky lui-même. Plusieurs sources évoquent une relation tendue entre les deux hommes comme l’une des raisons ayant poussé Volodymyr Zelensky à se séparer de son ministre.
Syrsky est sorti du silence lundi soir, dans un billet de blog relayé par le service de communication stratégique de son bureau. Il écrit qu’il n’est pas en guerre contre le ministère, mais qu’il est en guerre contre la Russie.
Il assure n’avoir aucune ambition politique et reconnaît pouvoir se montrer dur par moments, appelant à se concentrer « non pas sur le personnel, mais sur le global, sur la victoire ». Il précise que le ministre « n’a pas à se trouver personnellement sur le terrain ni à être un stratège de guerre » et que l’état-major transmet au ministère « la liste complète de ce qui est nécessaire pour la guerre ».
Kyrylo Boudanov, chef de cabinet de Zelensky, a reconnu lundi après-midi sur X que le remaniement a suscité « de vives émotions », assurant que la situation était, selon lui, en train d’être résolue de manière professionnelle, constructive et dans le meilleur intérêt de leur État.
Il appelle au calme et promet des résultats à venir, sans en préciser la nature. Zelensky s’est par ailleurs entretenu avec Denys Prokopenko, commandant du régiment Azov, qualifiant l’échange de « conversation très enrichissante » ; les deux travaillent à de nouveaux échanges de prisonniers avec la Russie.








