Pour la première fois depuis 2014, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OPCW) a confirmé la destruction irréversible de munitions chimiques en Syrie. Quarante-deux bombes aériennes de catégorie 3 ont été éliminées conformément aux protocoles internationaux, marquant ainsi une étape importante dans le désarmement du pays. L’annonce a été faite le 4 septembre 2026 devant le Conseil de sécurité de l’ONU par l’ambassadeur syrien Ibrahim Olabi, après la découverte en mai 2026 de matériaux non déclarés par le régime d’Assad.
Destruction sous supervision internationale
La destruction a concerné des munitions de catégorie 3, qui incluent les bombes non remplies et les équipements de dispersion. Ces 42 bombes aériennes, bien qu’elles ne soient qu’une partie de l’arsenal chimique développé sous Bashar al-Assad, représentent une avancée symbolique. « C’est le tout premier processus de destruction depuis notre libération du régime précédent. C’est aussi le premier à éliminer des matériaux chimiques sur le sol syrien depuis plus d’une décennie », a déclaré Ibrahim Olabi lors de son intervention au Conseil de sécurité.
Les munitions de catégorie 3, bien qu’elles ne contiennent pas de produits chimiques actifs, restent cruciales à détruire car elles peuvent être réarmées si des agents chimiques redeviennent disponibles. Selon Al Jazeera, ces bombes étaient destinées à l’épandage aérien, une méthode utilisée par l’armée syrienne contre les zones rebelles. Leur destruction empêche donc toute reconstitution rapide de capacités offensives chimiques.
Découvertes inquiétantes en mai 2026
En mai 2026, les nouvelles autorités syriennes ont révélé l’existence d’une installation de production supplémentaire, d’un nouveau produit chimique utilisé dans la fabrication d’agents neurotoxiques, et de deux installations de stockage non déclarées. Ces découvertes soulèvent des questions sur l’exhaustivité de la déclaration de la Syrie en 2013, année de son adhésion à la Convention sur les armes chimiques après l’attaque au sarin de Ghouta.
Le produit chimique non déclaré identifié appartient à la famille des précurseurs d’agents neurotoxiques, pouvant produire du sarin, du VX ou du tabun. L’installation découverte était équipée pour la synthèse chimique, indiquant une capacité opérationnelle maintenue jusqu’à la chute du régime Assad en 2024. Asharq Al-Awsat rapporte que ces découvertes ont conduit à l’arrestation de 18 suspects, incluant des responsables militaires et politiques du programme d’armes chimiques.
Défis et calendrier de destruction
Le processus de destruction suit un calendrier complexe. L’équipe de l’OPCW, déployée en août 2026, doit superviser l’élimination progressive des stocks identifiés et continuer les inspections pour détecter d’éventuels sites supplémentaires. Ibrahim Olabi a souligné que chaque site sécurisé élimine un danger non seulement pour la Syrie mais pour le monde entier. Les autorités syriennes préparent également le procès des 18 suspects arrêtés, posant un précédent en matière de responsabilité pour crimes de guerre chimiques.
Le déploiement de l’OPCW rencontre des obstacles, comme les frappes aériennes israéliennes qui entravent les opérations de destruction. L’ambassadeur Olabi a affirmé que la sécurité de la région ne peut être garantie sous les attaques israéliennes. Les inspecteurs doivent aussi composer avec la fragmentation du territoire syrien, certaines zones restant sous contrôle de groupes armés. Malgré ces contraintes, la destruction des 42 bombes prouve la faisabilité technique du processus. Les prochaines étapes incluront l’élimination des précurseurs chimiques et le démantèlement des installations de production, nécessitant des équipements spécialisés et des conditions de sécurité renforcées. TRT World souligne que le calendrier dépendra de la stabilité politique et de la coopération internationale continue.








