Scandale militaire : la flotte aérienne britannique essuie encore des echecs

Le programme F-35 britannique est en pleine tourmente : seulement 37 des 48 avions sont opérationnels, des défis techniques persistent et les coûts explosent.

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Scandale militaire : la flotte aérienne britannique essuie encore des echecs
Scandale militaire : la flotte aérienne britannique essuie encore des echecs © Armees.com

Le programme britannique des F-35, lancé en 1995, fait l’objet de débats passionnés du fait de nombreux défis techniques. Ce projet, qui a pour objectif de moderniser la flotte aérienne du Royaume-Uni en intégrant les chasseurs furtifs F-35B, présente des lacunes opérationnelles notables au niveau des capacités opérationnelles et des effectifs. Le ministère de la Défense (MoD) souhaite atteindre une pleine capacité opérationnelle d’ici fin 2023, mais un rapport parlementaire s’interroge sur la possibilité d’y parvenir.

Mise en service et disponibilité des F-35B

En 2018, le MoD avait planifié le déploiement de deux escadrons de F-35B sur un porte-avions de classe Queen Elizabeth, marquant une étape importante vers la pleine capacité opérationnelle. Pourtant, l’opération Highmast a mis au jour plusieurs soucis techniques, avec notamment deux appareils défaillants, dont l’un est resté immobilisé en Inde pendant plusieurs semaines. À ce jour, seuls 37 des 48 avions commandés sont opérationnels, un chiffre bien en deçà des ambitions initiales, ce qui soulève des implications diplomatiques, confirme Le Parisien.

La disponibilité des F-35B reste inquiétante. Même si l’opération Highmast a bénéficié d’un soutien temporaire supplémentaire, cette aide n’est pas prévue pour les futures opérations. Ajoutez à cela une période de maintenance planifiée après leur déploiement, qui risque encore de réduire la disponibilité de ces appareils.

Manque de personnel et problèmes d’approvisionnement

Le programme souffre aussi d’une pénurie de personnel qualifié. Le MoD a reconnu un déficit important dans plusieurs domaines, notamment :

  • les techniciens
  • les experts en cybersécurité
  • les pilotes
  • les instructeurs qualifiés

Au début de 2025, seulement 5 des 16 postes d’instructeurs étaient pourvus. Pour remédier à cette situation, le ministère projette de créer 168 postes supplémentaires, mais cela prendra plusieurs années.

En parallèle, le programme se heurte à des difficultés dans l’approvisionnement en pièces détachées. Ces problèmes contribuent à un taux d’indisponibilité supérieur aux objectifs fixés. Par ailleurs, les F-35B ne peuvent actuellement pas embarquer certaines munitions indispensables comme le missile air-sol Spear 3 et le missile air-air Meteor, ce dernier étant prévu pour être opérationnel à partir de 2030.

Coûts en hausse et dépendance technologique

Le coût total sur l’ensemble de la durée de vie des F-35 a été révisé à la hausse par le MoD : après un premier estimé de 18,4 milliards d’euros, il s’élève désormais à 57 milliards d’euros pour un total de 138 appareils jusqu’en 2069. Toutefois, le National Audit Office (NAO) évalue cette somme à 71 milliards d’euros, en tenant compte de tous les frais liés, y compris ceux du personnel et des infrastructures.

La capacité du Royaume-Uni à intégrer de nouvelles armes dépend fortement du programme mondial F-35, coordonné par le département américain de la Défense. Ce partenariat implique d’importantes mises à jour logicielles qui ne sont pas encore définies. Le manque d’une arme de frappe à distance pour les chasseurs britanniques montre bien cette dépendance.

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