Retour du service militaire : 86% des Français y sont favorables

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Le retour du service militaire semble séduire une large majorité des Français, si l’on en croit un sondage Ipsos CESI publié récemment.

Le 15 mars 2025, un sondage Ipsos CESI, relayé par Le Parisien, révèle que 86 % des Français se déclarent favorables à un retour du service militaire. Cette adhésion massive cache une fracture : 53 % des sondés souhaitent qu’il soit obligatoire, tandis que les autres préfèrent un engagement volontaire. La question du financement divise également, avec une opposition nette à toute augmentation d’impôts.

Un service militaire soutenu, mais sous conditions

L’idée d’un retour du service militaire fait son chemin dans l’opinion publique. Selon le sondage Ipsos, une majorité de Français approuve la réinstauration du service militaire, mais tous ne s’accordent pas sur la forme qu’il devrait prendre. Près d’un tiers des sondés, soit 32 %, prônent un service militaire obligatoire pour tous, hommes et femmes. Une autre partie, représentant 21 % des répondants, estime que cette obligation ne devrait concerner que les hommes. À l’inverse, 33 % des Français préfèrent une approche basée sur le volontariat. Enfin, 14 % des personnes interrogées rejettent totalement l’idée du retour du service militaire.

Cette divergence d’opinion met en lumière une fracture générationnelle et politique. Les plus de 60 ans, qui ont connu le service militaire avant sa suppression en 1996 sous Jacques Chirac, sont 93 % à souhaiter son retour. À l’inverse, seuls 78 % des moins de 35 ans y sont favorables. D’un point de vue politique, l’étude met en évidence un clivage marqué. Alors que 90 % des sympathisants du Rassemblement national et 94 % des Républicains soutiennent l’idée, seuls 67 % des électeurs de La France insoumise y adhèrent.

Le spectre de la guerre et le poids du contexte géopolitique

Si le débat sur le service militaire revient sur le devant de la scène, ce n’est pas un hasard. La guerre en Ukraine a profondément bouleversé l’équilibre européen, poussant plusieurs pays à envisager un renforcement de leurs forces armées. Dans un discours du 5 mars, Emmanuel Macron a averti que la France devait se préparer à un monde plus dangereux et que « la patrie a besoin de vous et de votre engagement ». Une déclaration qui s’inscrit dans un contexte de tensions grandissantes entre l’Europe et la Russie, mais aussi d’incertitude quant à l’avenir du soutien militaire américain sous Donald Trump.

Plusieurs pays européens réévaluent actuellement leur dispositif militaire. L’Allemagne envisage de réintroduire une forme de conscription, tandis que le Royaume-Uni réfléchit à un modèle mixte, combinant volontariat et service court obligatoire. En France, la stratégie privilégiée par le gouvernement repose sur une refonte du Service national universel (SNU). Emmanuel Macron a récemment annoncé son intention de le transformer en un dispositif plus adapté aux « besoins de la nation ».

Le financement du réarmement : une ligne rouge pour les Français

Si les Français semblent enclins à soutenir un effort militaire, ils rejettent cependant l’idée d’une contribution financière accrue. Un point du sondage Ipsos CESI, relayé par Le Parisien, montre que la population refuse majoritairement toute augmentation d’impôts pour financer le réarmement. Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos, souligne une « grande élasticité des niveaux d’acceptation, suivant le type de mesures proposées ».

Ainsi, alors qu’un emprunt national dédié à la défense pourrait être accepté par une partie des Français, la hausse des impôts reste une ligne rouge infranchissable pour la majorité. De même, les sondés rejettent largement toute réduction des prestations sociales ou tout report de l’âge de la retraite visant à financer une augmentation des dépenses militaires.

Face à cette opposition, le gouvernement cherche des alternatives. L’une des pistes envisagées consiste à mobiliser l’épargne des Français via un produit d’investissement dédié à la défense. Toutefois, son efficacité reste incertaine, et il est encore difficile d’évaluer dans quelle mesure une telle mesure rencontrerait l’adhésion du public.

Comparaison internationale : où en est l’Europe ?

Face aux tensions géopolitiques croissantes, plusieurs pays européens ont déjà pris des mesures pour renforcer leur dispositif militaire. Certains États ont maintenu ou réintroduit un service militaire obligatoire, tandis que d’autres privilégient des solutions intermédiaires.

En Scandinavie, la Suède applique un service militaire obligatoire, mais sélectif, d’une durée de 12 mois. La Finlande impose une conscription générale, allant de six à douze mois. En Norvège, hommes et femmes sont concernés par un service militaire de douze mois. En Allemagne, la conscription a été suspendue mais fait l’objet d’un débat politique, tandis que la France s’appuie sur le Service national universel, actuellement volontaire et limité à quelques semaines. Au Royaume-Uni, aucune obligation n’existe, bien que certaines discussions aient été engagées sur la nécessité de renforcer la réserve militaire.

1 réflexion au sujet de « Retour du service militaire : 86% des Français y sont favorables »

  1. Il est difficile de donner un pourcentage exact de jeunes qui faisaient un service militaire en France, car cela a varié au fil des ans et en fonction des circonstances. Cependant, je peux vous donner quelques informations générales sur le service militaire en France.

    Le service militaire obligatoire a été instauré en France en 1798 et a été maintenu jusqu’en 2002, date à laquelle il a été suspendu. Pendant cette période, la plupart des jeunes hommes français devaient effectuer un service militaire d’une durée variable, généralement comprise entre 12 et 18 mois.

    Selon les données disponibles, voici quelques chiffres sur le pourcentage de jeunes qui faisaient un service militaire en France :

    Dans les années 1960 et 1970, environ 80% des jeunes hommes français faisaient un service militaire.
    Dans les années 1980, ce pourcentage a baissé à environ 60-70%.
    Dans les années 1990, le pourcentage de jeunes qui faisaient un service militaire a continué à baisser, pour atteindre environ 40-50%.
    Il est important de noter que ces chiffres sont approximatifs et peuvent varier en fonction des sources et des critères utilisés pour définir le « service militaire ». De plus, le service militaire n’était pas obligatoire pour les femmes, qui pouvaient choisir de s’engager volontairement.

    Depuis la suspension du service militaire obligatoire en 2002, la France a mis en place un système de défense professionnelle, où les militaires sont des professionnels qui choisissent de servir dans les forces armées.

    Tous ceux qui réclament le retour d’un service militaire obligatoire devraient se poser la question du niveau de patriotisme, de loyauté et d’appartenance à la France que devraient avoir les recrues.
    Quel pourcentage réel d’une classe d’âge serait convoqué si on élimine les casoss, les inaptes médicaux, les objecteurs de conscience, les réfractaires binationaux, les fils et filles de …(politiques, artistes du spectacle et cinéma, libre-penseurs, intellectuels, étudiants professionnels sursitaires, etc) ?
    Conclusion : tout ceci n’est que du blablabla politico-médiatique.

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