Pourquoi Zelensky reste aussi pessimiste après sa rencontre avec Witkoff alors que Washington parlait déjà d’avancées majeures

Trêve fragile, frappes qui continuent, territoires disputés : pendant que Trump évoque « une idée pour la paix », Zelensky redoute déjà un hiver de guerre. Poutine acceptera-t-il enfin de le rencontrer ?

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Pourquoi Zelensky reste aussi pessimiste après sa rencontre avec Witkoff alors que Washington parlait déjà d'avancées majeures
Pourquoi Zelensky reste aussi pessimiste après sa rencontre avec Witkoff alors que Washington parlait déjà d’avancées majeures © Armees.com

Les négociations se poursuivent ce lundi 7 septembre 2026, sans que l’issue du conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine ne semble proche. Après un week-end de discussions à Moscou puis à Kiev, les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se disent satisfaits de pourparlers qu’ils qualifient de significatifs. Volodymyr Zelensky, lui, se montre nettement plus réservé.

Le président ukrainien a mené dimanche 6 septembre 2026 ses premiers entretiens avec les deux hommes à Kiev. À l’issue de la rencontre, lors d’une conférence de presse, il a estimé que la guerre se poursuivrait durant l’hiver 2026-2027, faute de volonté de Vladimir Poutine de négocier directement avec lui.

« Nous comptons sur le soutien de nos partenaires européens si la guerre se prolonge durant l’hiver, ce qui semble être le cas pour l’instant », a-t-il déclaré.

Le Donetsk, point de blocage des discussions

C’était la première visite de Steve Witkoff, homme d’affaires proche de Donald Trump, et de Jared Kushner, gendre du président américain, en Ukraine depuis le début de leur médiation. La veille au soir, samedi, ils avaient été reçus pendant trois heures au Kremlin par Vladimir Poutine.

Un haut responsable de la présidence ukrainienne a indiqué à l’AFP que les émissaires avaient présenté à Kiev de nouvelles propositions, jugées plus efficaces que les précédentes pour mettre fin à la guerre. Donald Trump s’est contenté d’évoquer une idée pour la paix, sans préciser si elle impliquait une cession de territoires ukrainiens, comme il l’avait pourtant laissé entendre auparavant.

Les négociations butent essentiellement sur la question territoriale. Moscou exige le retrait total de l’armée ukrainienne de la région de Donetsk, dans l’est du pays. Kiev refuse catégoriquement. Zelensky maintient qu’un dossier aussi sensible ne peut se régler qu’entre chefs d’État : « Je veux m’en tenir à ma position qui est que des questions aussi complexes ne peuvent être résolues qu’au niveau des dirigeants », a-t-il rappelé. Il appelle Poutine à le rencontrer directement depuis longtemps, sans succès.

Une autre session a réuni les deux envoyés américains, la délégation ukrainienne et des conseillers européens, l’Allemand Günter Sautter, le Britannique Jonathan Powell et le Français Emmanuel Bonne. Elle n’a débouché sur aucune annonce. Witkoff a néanmoins insisté sur la nécessité de concessions réciproques : « Il faudra que les deux parties fassent des compromis et réduisent les divergences, et nous pensons disposer des éléments nécessaires pour y parvenir », a-t-il affirmé, ajoutant : « C’est très difficile, mais nous sommes déterminés ».

Witkoff et Kushner sont repartis de Kiev dimanche soir en train, selon la compagnie ferroviaire ukrainienne, sans que leur destination ne soit précisée.

Sur le terrain, une trêve partielle a été observée entre samedi et lundi : Poutine a décrété une cessation des frappes sur Kiev pour trois jours, tandis que Zelensky a annoncé de son côté l’arrêt des attaques visant Moscou pour la même période.

Ailleurs dans les deux pays, les combats se sont poursuivis. Dans la nuit de samedi à dimanche, la Russie a lancé 108 drones et des missiles sur l’Ukraine, selon l’armée de l’air ukrainienne, qui affirme en avoir abattu la plupart.

Onze sites ont tout de même été touchés. De son côté, l’armée russe dit avoir neutralisé 258 drones ukrainiens durant la même nuit.

À Kiev, l’accueil réservé à ces nouveaux pourparlers reste prudent. Ioulia, 41 ans, femme de ménage originaire de territoires sous occupation russe, espère une issue qui préserve l’intégrité du pays. « On espère que ces négociations résoudront quelque chose. En tant qu’Ukrainienne, je veux que cela ait lieu avec une préservation de nos territoires », a-t-elle confié à l’AFP.

Iaroslav, 29 ans, habitant de la capitale, se montre plus sceptique : « Il y a déjà eu tellement de négociations ».

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