Pourquoi les forces aériennes américaines et canadiennes se déploient sur les îles Aléoutiennes : un exercice inédit qui envoie un signal direct à la Russie et à la Chine

Première depuis les années 90 : des F-16 américains ont redécollé d’une base « austère » des Aléoutiennes. Pendant huit jours, Washington et Ottawa ont testé leur capacité à défendre l’Amérique du Nord face aux patrouilles russes et chinoises repérées dans le secteur.

Publié le
Lecture : 2 min
Pourquoi les forces aériennes américaines et canadiennes se déploient sur les îles Aléoutiennes : un exercice inédit qui envoie un signal direct à la Russie et à la Chine
Pourquoi les forces aériennes américaines et canadiennes se déploient sur les îles Aléoutiennes : un exercice inédit qui envoie un signal direct à la Russie et à la Chine © Armees.com

« Les opérations menées depuis la base aérienne d’Eareckson ont démontré notre capacité à nous déployer sur un site isolé, à maintenir l’alerte, à intervenir rapidement et à intégrer parfaitement les forces américaines et canadiennes pour défendre les approches nord », a déclaré le général Robert D. Davis, responsable du NORAD.

Ses propos accompagnent la publication, le 2 novembre 2026, d’un exercice inédit de défense des îles Aléoutiennes mené conjointement par les forces aériennes américaines et canadiennes, rapporte Opex360.

L’opération, baptisée « Noble Defender », s’est déroulée entre le 18 et le 26 octobre. Des F-16 de l’US Air Force ont été déployés depuis la base d’Eielson, en Alaska, jusqu’à celle d’Eareckson, sur l’île de Shemya, à près de 2 600 kilomètres. L’Air Force n’avait plus envoyé d’avions de combat sur cette base qualifiée d’austère depuis les années 1990.

Le Commandement des opérations interarmées du Canada a détaillé la mécanique de l’exercice, précisant que pour la première fois depuis des décennies, des F-16 étaient en état d’alerte et avaient décollé de l’austère base aérienne Eareckson, que des F-35 et des F-16 s’étaient joints à eux depuis Eielson et que des CF-18 canadiens s’étaient déplacés depuis Cold Lake, en Alberta.

Un dispositif à plusieurs niveaux le 25 octobre

L’exercice s’est prolongé par une opération aérienne de grande ampleur, « Noble Eagle », le 25 octobre. L’Aviation royale canadienne y a engagé des chasseurs CF-18 Hornet et un avion-ravitailleur CC150 Polaris, venus de la base de Cold Lake, en Alberta, distante de 2 600 miles d’Eareckson, soit près de 4 200 kilomètres.

Des F-35A américains ont également participé, aux côtés de ravitailleurs KC-135, d’un E-3 AWACS et d’un HC-130J Combat King II dédié aux missions de recherche et de sauvetage au combat.

La couverture aérienne s’est organisée en trois zones :

  1. les F-16 déployés à Eareckson ont surveillé la partie sud du théâtre,
  2. les autres F-16 et les F-35 venus d’Eielson ont opéré au nord-ouest,
  3. pendant que les CF-18 canadiens tenaient les approches septentrionales.

Un E-3 Sentry et les aéronefs de ravitaillement canadiens et américains ont assuré, avec le HC-130, les capacités de commandement, de contrôle, de portée et de récupération nécessaires à la mission.

Le Commandement des opérations interarmées du Canada a résumé la portée de la distance parcourue entre les deux bases : « le message est on ne peut plus clair : le NORAD peut rapidement assembler et synchroniser une puissance de combat sur de vastes distances pour défendre l’Amérique du Nord à partir de plusieurs approches. »

Le général Davis a tenu des propos similaires, estimant que défendre l’Amérique du Nord exige rapidité, flexibilité et capacité à rassembler une puissance de combat sur de vastes distances.

Les îles Aléoutiennes, qui séparent l’océan Pacifique de la mer de Béring et contrôlent l’accès au détroit du même nom, comptent 302 îles appartenant pour la plupart aux États-Unis. La zone avait été envisagée comme un possible point de confrontation durant la Guerre froide.

L’archipel abrite toujours le radar à balayage électronique AN/FPS-108 « Cobra Dane », implanté sur la base d’Eareckson, en face de la péninsule du Kamtchatka et du polygone de Koura. Le commandement américain des opérations spéciales y avait déjà mené des exercices en 2021 et en 2023, visant notamment à protéger ce radar.

Des patrouilles navales chinoises et russes ont récemment été observées dans les environs de l’archipel. Le NORAD a qualifié, dans un communiqué, l’exercice d’octobre d’« exercice de défense du territoire ».

Laisser un commentaire

Share to...